Boris Cyrulnik - La biologie de l'attachement

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Pour beaucoup, l'attachement est avant tout une aptitude humaine, c'est-à-dire une capacité de l'esprit et du cœur à se lier à un autre. Pourtant, les neurosciences le prouvent, l'attachement est d'abord biologique. Neuromédiateurs, hormones, schéma neuronal, composante génétique, tous ces éléments vont peu à peu façonner, non seulement notre façon de voir le monde, mais aussi notre rapport à celui-ci et la manière dont nous allons nous y attacher. « L'attachement repose sur un processus de mémoire biologique ». Comme une boucle, l'attachement à un autre crée un circuit neuronal, qui va lui-même ensuite déterminer l'attachement à un autre. « L'homme façonne le monde qui le façonne. », nous dit le neuropsychiatre et éthologue Boris Cyrulnik. En d'autres mots, le monde que l'on perçoit est d'abord construit par le cerveau, lui-même construit par le monde que l'on a perçu au début de sa vie. Et c'est justement le sujet de la conférence donnée par Boris Cyrulnik, qu'est-ce que la biologie de l'attachement ?

L'attachement, une notion longtemps mise au placard

Dans les années 1950, l'idée que les enfants ont besoin d'affection pour se développer était considérée comme absurde. Plusieurs décennies furent nécessaires pour que l'affection, la qualité du lien précoce, soient envisagées comme des éléments fondamentaux et indispensables au bébé afin que celui-ci ait les meilleures chances de « bien » grandir.
Au cours de la conférence, Boris Cyrulnik nous emmène sur le chemin de ces découvertes fondamentales. De Skinner à Harlow, en passant par Freud, tous les grands noms de la neurologie et de la psychologie viennent étayer les arguments du célèbre neuropsychiatre.
Tout au long de la conférence, Boris Cyrulnik insiste sur l'importance du lien sécure, celui qui nous permet d'acquérir suffisamment de confiance en soi et en le monde pour partir à sa découverte, sans que cela entraîne d'anxiété majeure. Selon une étude menée par le pédopsychiatre allemand Daniel Stern, à l'âge de 10 mois, un enfant sur trois est insuffisamment sécurisé, ce qui a des conséquences, par exemple, sur l'acquisition du langage. Car si l'être humain, petit, a besoin d'un autre pour se développer, c'est la qualité du lien qui déterminera ensuite sa capacité à être au monde.

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