Amours toxiques

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« Je n'aurais jamais pensé que le huis clos pouvait devenir une prison, même un cercueil. » C'est par ces mots que le témoin d'une relation toxique décrit l'enfer vécu par les victimes de pervers. Si l'on parle de plus en plus de pervers narcissiques et de leur pratique, au point de lasser les magistrats, il est monnaie courante que les victimes n'ont même pas conscience d'être en proie avec des manipulateurs et s'en rendent compte, le plus souvent, après coup. Car, comme les victimes de ce documentaire en témoignent, les mécanismes mis en place pour assujettir l'autre, le mettre sous emprise, se font, le plus souvent, de façon insidieuse. Un mur avec l'extérieur se monte peu à peu s'en qu'elles s'en aperçoivent.
Mais qui sont ces victimes ? Quels sont ces mécanismes ? Au travers de différents témoignages, on comprend qu'elles sont tout simplement des personnes comme les autres et sont devenues victimes malgré elles. Si la majorité des témoins sont des femmes, les hommes en sont tout autant victimes. Seuls quelques uns d'entre eux osent témoigner, montrer leur vulnérabilité, dans un monde où le stéréotype masculin est toujours celui de l'homme fort.

Des victimes et des mécanismes

« Il existe des failles que nous avons tous, et qui ne sont pas des failles avec des gens normaux, mais que les pervers exploitent. » C'est en ces termes que la comportementaliste Isabelle Nazarre-Aga explique comment ces personnes sont devenues victimes de pervers.
Tout au long du documentaire, la honte qui habite chacune des victimes est palpable. Honte d'être elles-mêmes, dû à une mauvaise estime personnelle déjà présente avant leur rencontre avec un pervers, mais que celui-ci s'empresse d'exploiter et honte de ce qu'elles vivent. Et c'est cette honte qui empêche la victime de parler, de partager son expérience avec ses amis, avec l'extérieur. Une honte qui enferme encore plus la victime dans cette relation morbide. Car, comme le dit la psychothérapeute Isabelle Nazarre, « C'est morbide d'être avec un manipulateur pervers ».

Les témoins défilent tout au long du documentaire, relatant les techniques d'emprise de ces manipulateurs ultra-toxiques. Un travail de sape minutieusement orchestré, visant à isoler, à faire perdre ses repères à l'autre. Humiliations, tyrannie, critiques constantes, contrôle permanent, tout est bon pour réduire l'autre à l'état d'objet obéissant. Des témoins qui sortent peu à peu la tête de l'eau et qui osent enfin raconter l'enfer qu'était leur quotidien. Des témoins en phase de reconstruction qui cherchent encore un sens à ce qu'elles ont vécues. Des survivants sortis de l'ombre.
Comme certains peuvent se demander, l'amour a-t-il était présent à un moment dans ces relations ou ces relations sont-elles juste l'expression d'un attachement malade à l'autre ?

Un reportage de Danièle Alet.

Durée : 52 minutes

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