Apprendre à gérer ses émotions !

Retrouvez-nous sur

Twitter icon
Facebook icon
Google+ icon
RSS icon

Par Anne Marie

Apprendre à gérer ses émotions - les émotions - soi - Etats d'esprit

Qui ne s'est jamais laissé emporter par le flot de ses émotions ? Ou regretter une réaction, jugée disproportionnée après coup. Au-delà de l'atteinte à l'estime de soi et du sentiment de honte que de telles envolées émotionnelles occasionnent, une mauvaise gestion de ses émotions peut avoir pour conséquence d'envenimer des situations jusqu'à atteindre des points de non-retour. Souvent considérées comme des ennemies, ou un signe de faiblesse, les émotions sont pourtant l'expression d'un processus naturel, accompagnant nos pensées, et qui font de nous des êtres vibrants et vivants.
Si les contrôler revient à les enfuir au plus profond de soi, au risque de se rendre malade ou de les voir exploser de façon inopinée, savoir gérer ses émotions permet d'envisager les situations, qui sont des sources de stress ou d'affects négatifs, avec beaucoup plus de sérénité, autorisant ainsi une communication plus efficace et moins violente pour soi, pour l'autre et pour la relation.

L'impulsivité et le cerveau reptilien

Lorsque nous nous sentons menacés, notre organisme se mobilise en vue d'apporter une réponse rapide à la situation. Cependant, ce que nous percevons comme une menace n'est pas nécessairement une situation qui met en danger notre intégrité physique. Parfois, il s'agit simplement de notre équilibre psychologique ou éthique qui se trouve menacé.
Affrontement, prise de risque, conflits relationnels ou professionnels... Si les situations nous renvoyant à une idée de menace peuvent diverger d'un individu à un autre, dépendamment de la culture et de l'histoire personnelle de chacun, la façon qu'a notre organisme de réagir sera la même pour tout le monde. Et c'est du côté du cerveau reptilien, en charge des comportements les plus élémentaires à notre survie (respirer, manger, boire, survivre), qu'il faut se pencher pour trouver une partie de la réponse.
Lorsqu'une situation menaçante se présente à nous, notre cerveau reptilien dispose d'un processus de réponse qui se résume au fameux « fuir ou combattre ». Pour assurer cette réponse, il dirige instantanément le flux sanguin vers nos membres inférieurs et supérieurs afin que ces derniers bénéficient du maximum d'énergie disponible. Les jambes pour fuir et les bras pour se battre. On comprend dès lors les picotements et les flageolements que l'on ressent dans les bras et les jambes face à une menace ! Mais cette concentration sanguine dans nos membres a pour conséquence la diminution de l'irrigation des autres parties de notre corps, dont les parties du cerveau chargées notamment de la réflexion. S'ensuivent des réactions impulsives, sur lesquelles nous n'avons aucune prise.
Pour contrecarrer cette réaction naturelle de notre organisme, il existe une astuce toute simple. Il suffit de se poser une question qui fait appel, soit à notre mémoire, soit à notre réflexion. Ce faisant, les régions du cerveau, qui commandent la réflexion et la mémoire, sont à nouveau irriguées. Aussitôt un recul s'opère entre l'émotion et soi. L'impulsivité se fait moins sentir et le processus de réflexion est réactivé. Si toute question nécessitant un petit effort de mémoire ou de réflexion se révèle efficace (rappel de son emploi du temps, recette, liste quelconque, etc...), il conviendrait de diriger son questionnement sur la situation présente, de s'interroger sur la raison de cette émotion et si l'extérioriser est bénéfique.

Cultiver le détachement

Une fois l'impulsivité maîtrisée grâce à la relance du processus de réflexion, il est important d'accepter l'émotion émergente. Car si contrôler revient souvent à taire l'émotion, savoir gérer ses émotions commence d'abord par l'acceptation de ce qui se passe en nous.
Accepter ses émotions, c'est accepter que certaines choses nous posent problème.
Accepter que certaines situations nous dérangent. En s'acceptant, on acquiert le respect de son intégrité en même temps que l'on se donne une chance de s'améliorer. Car, les émotions fonctionnent comme de véritables révélateurs de réalité interne, il est important de prendre le temps de découvrir quelles situations réveillent nos angoisses ou nos colères ou quel type d'interaction nous fait sortir de nos gonds.
Mais s'il est important de respecter les émotions que l'on ressent, il est tout aussi important de ne pas les laisser nous dominer. Venu des contrées d'Orient, le détachement nous apprend à ne pas nous laisser emporter et, surtout dominer par le flux de nos émotions. Bien sûr, apprendre à regarder ses émotions sans que celles-ci nous submergent nécessite de l'entraînement. Pour atteindre ce niveau de détachement, on cultive ce que l'on appelle un état de concentration intérieure, qui peut être acquis grâce à la pratique de la méditation. Cette concentration intérieure apporte stabilité et recul face à ses émotions. On apprend à regarder son intériorité, le flux de ses pensées et de ses émotions, sans laisser ces dernières devenir maîtresses du navire, sans, pour autant, exercer de contrôle sur elles.
On peut aussi, pour s'aider lors de situations stressantes, faire appel à la respiration. Respirer profondément, non seulement améliore la circulation sanguine (donc une meilleure oxygénation du corps), mais permet de déstresser. Plus calme, il devient plus facile de regarder l'émotion sans s'y perdre. Si la situation réveille trop d'affects douloureux, il peut s'avérer judicieux de s'éloigner quelques instants et de revenir lorsque la discussion devient possible.

Comprendre son cheminement de pensée

Si gérer son impulsivité et demeurer aux commandes de son monde intérieur est essentiel, il est tout aussi important de prendre conscience du cheminement de sa pensée et de ses émotions pour se donner la chance d'évoluer.
La perception que l'on a du monde, de soi, de l'autre et des situations que l'on vit, est entièrement gouvernée par son histoire personnelle. Chaque réaction ou façon de voir sera toujours en relation, non pas avec l'autre, mais avec soi-même. Peu importe les torts ou les raisons de chacun, nos réactions nous appartiennent entièrement. Ainsi, un individu en bonne santé psychique, s'il continue à être touché par diverses situations, il n'en est pas pour autant affecté ou bouleversé.
Donc, lorsqu'une situation anodine nous touche, c'est, le plus souvent, parce qu'elle est allée toucher un point sensible de notre histoire personnelle. L'intensité de l'émotion ressentie est alors à mettre en rapport avec la blessure originelle, bien plus qu'avec la situation présente.
Mais que se passe-t-il dans la majorité des cas ? Les individus imputent à l'autre la responsabilité de leurs réactions. « Si je réagis ainsi, c'est à cause de toi !» Se met alors en place la dynamique du bourreau et de la victime, où chacun accuse l'autre, ce qui finit le plus souvent en affrontement, sans jamais parvenir à sortir du dilemme.
Alors plutôt que de se battre pour savoir à qui revient la faute (chacun étant responsable de ce qu'il fait!), il serait plus profitable de se demander pourquoi telles situations nous amènent à expérimenter des affects aussi douloureux.

Faire en sorte que le processus de réflexion soit toujours à sa portée, cultiver un état de concentration intérieure et comprendre les raisons qui nous poussent à vivre des affects pénibles, voici donc les éléments-clés pour apprendre à gérer ses émotions. Cependant, si les étapes de l'apprentissage de la gestion émotionnelle sont claires, chacune d'elles demande un entraînement pour leur donner une chance de devenir des automatismes.

Vous aimez cet article ? Dites-le à vos amies

Ajouter un commentaire