Privation des besoins fondamentaux

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Par Anne Marie

Privation des besoins fondamentaux - Soi - la femme et l'amour

Si, selon Maslow, l'être humain est motivé avant tout par la satisfaction de ses besoins fondamentaux, besoins garants de son épanouissement personnel, la privation de ces mêmes besoins fondamentaux auront, par conséquent, une incidence sur le fonctionnement même de l'individu.
Anxiété, angoisse, dépressions, peurs, névroses, égocentrisme, etc., toutes ces afflictions ne seraient que la conséquence de la privation de ces besoins fondamentaux, ou, au moins, la menace de privation de ces dits besoins.
Pourtant, si la bonne santé de la personne dépend de la satisfaction de ses besoins fondamentaux, et si la privation de certains besoins peut, par conséquent, provoquer des pathologies plus ou moins graves chez l'individu, il n'en va pas de même pour tous les besoins.

Frustration et privation des besoins fondamentaux

« Lorsqu'un humain est frustré dans un besoin, il l'est dans son intégralité. Lorsqu'il est frustré dans deux besoins, il va chercher à répondre au plus fondamental plutôt qu'à son désir. » Car, selon Maslow, les besoins sont organisés, hiérarchisés. Ainsi, les besoins physiologiques, comme le sommeil ou la nourriture, seront plus dominants que le besoin d'estime. Le besoin d'amour l'emportera sur le désir de se réaliser. Un individu en manque d'amour recherchera l'amour plutôt que de se réaliser pleinement. Seulement une fois son besoin d'amour satisfait lui permettra de chercher sereinement à se réaliser comme individu. Toute la vie de l'individu sera organisée pour tenter de satisfaire ses besoins frustrés, selon une certaine hiérarchie. Comme l'écrit Maslow, « L'organisme est dominé et le comportement est organisé seulement par les besoins insatisfaits... L'amour, le respect, etc., peuvent être considérés comme des qualités externes qui font défaut à l'organisme et dont il a par conséquent besoin. »
De plus, certains besoins, notamment celui de nourriture ou d'amour, ne peuvent se contenter de « flatteries, de substituts », seule la satisfaction réelle de ce besoin peut remédier au sentiment de frustration. Sans cela, l'individu se voit condamné à y aspirer sans cesse, de manière consciente ou inconsciente. On peut alors y reconnaître non seulement les comportements de dépendance, lorsque l'individu ne peut fonctionner sans sa béquille, substitut pour le besoin demeuré insatisfait, mais aussi les relations de pouvoir, où une autre personne est investie du pouvoir de satisfaire les besoins d'amour, de respect ou d'estime, et, lorsque la satisfaction vient à manquer, les effets négatifs se font sentir (colère, frustration, tristesse, détresse, ressentiment,etc.)
Pourtant, il faut préciser que la frustration fait partie de la vie humaine. Elle est même inévitable. Ce n'est donc pas la frustration qui est à l'origine des maux, mais bien la privation ou la menace de la satisfaction des besoins. Des études ont ainsi montré que si un enfant, certain de l'amour de ses parents, ne considère pas une punition ou une simple remontrance comme une menace, contrairement à un enfant insécurisé sur l'amour que lui portent ses parents, celui-ci peut percevoir cette même remontrance comme une menace, un danger, pour son besoin fondamental d'amour, d'estime ou d'appartenance au groupe. Comme alors pour lui la spirale de l'anxiété et la mise en place de comportements ayant pour but l'assurance de la satisfaction de ses besoins (soumission, dépendance affective, etc.)
Dans son livre « Devenir le meilleur de soi-même », Maslow cite l'exemple de l'abstinence sexuelle. Dans de nombreux cas, nous dit-il, « cette abstinence n'a pas d'effet psychopathologique. Dans d'autres cas, elle provoque des conséquences négatives, si l'individu la ressent comme un rejet, une infériorité, une marque de valeur, de respect, une forme d'isolement ou d'entrave à un besoin fondamental. »

Conséquences de la privation à la satisfaction des besoins fondamentaux

Les observations cliniques ne cessent de confirmer que l'anxiété, la peur, le manque d'amour, la soumission et la domination, etc., ont tendance à entraîner des effets physiquement et psychologiquement indésirables. L'insatisfaction des besoins fondamentaux n'est donc pas sans conséquence.
Pour Maslow, la plupart des symptômes ou des tendances névrotiques proviendraient des pulsions, ayant pour objet la satisfaction des besoins fondamentaux, pulsions qui se sont vues contrariées, perverties ou confondues avec d'autres besoins, et qui se sont fixées sur des moyens inadéquats afin de parvenir à satisfaire ces dits besoins. En d'autres mots, lorsque la satisfaction des besoins fondamentaux n'a pu se faire de façon saine pendant le développement, l'individu emploie ensuite d'autres moyens afin d'y parvenir. Ainsi en va-t-il de la mise en place de troubles obsessionnels compulsifs qui ont pour but de répondre au besoin de sécurité de l'individu, que ce soit dans la répétition d'une routine ou dans le besoin d'ordre ou de propreté. Ou bien encore, le besoin de séduire ou de plaire afin de combler le besoin d'estime personnelle et d'amour.
Pour Maslow, lorsque la privation du besoin est dominante, l'individu « est un acteur, qui n'a pas de « moi » au sens habituel, mais qui dispose d'un répertoire de rôles dans lequel il pioche. » Comme ces personnalités soumises, ou celles qui font preuve d'une grande amabilité ou gentillesse afin de satisfaire leurs besoins d'amour, d'estime ou d'appartenance. L'individu n'est pas réellement animé par l'altruisme, mais par le besoin d'être accepté et aimé de l'autre. La soumission ou l'extrême gentillesse n'est pas le propre de leur personnalité, mais juste un rôle qu'elle emprunte afin de parvenir à nourrir le besoin d'amour. Malheureusement, comme ce rôle, ou comportement, est le premier appris, bien avant l'acquisition de la notion d'altérité, le sujet est, le plus souvent, persuadé d'être gentil pour l'autre, et est certain d'être animé par un réel altruisme.
Les névroses et autres comportements ne sont pas les seules conséquences de la privation des besoins fondamentaux. Avec un organisme dominé par le désir irrépressible de satisfaire ses besoins, l'être, même moyennement névrosé, aurait une perception erronée de la réalité, car celle-ci serait vue « à travers le prisme de leurs propres souhaits, espoirs ou peurs, de leurs propres convictions personnelles, des théories du groupe culturel ou de leurs croyances. »

Ainsi en va-t-il des personnalités anxieuses, persuadées de la dangerosité du monde, ou des idéalistes rêvant d'un monde meilleur, qui leur garantirait la satisfaction complète de leurs besoins, sans aucune frustration, reniant et rejetant la partie obscure animant tout être humain. Bien qu'il soit louable, voire sain de vivre selon une certaine éthique et d'aspirer à un monde meilleur, c'est le fait de ne pas accepter qu'il en soit autrement qui peut être considéré comme problématique.

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