Maslow ou la théorie de la motivation

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Par Anne Marie

Maslow ou la théorie de la motivation - besoins fondamentaux - Soi - la femme et l'amour

Qu'est-ce qu'être humain ? Qu'est-ce qui nous pousse à agir ? Qu'est-ce qui nous différencie des animaux ? C'est en cherchant à répondre à ces questions que Maslow élabora sa théorie de la motivation et sa célèbre pyramide des besoins fondamentaux de l'être humain, qui lui vaudront une reconnaissance internationale.
Alors que l'époque est à Freud et ses complexes fondateurs de la personnalité et que l'on assiste aux prémices des sciences cognitives, Maslow va se démarquer de ses confrères en abordant l'être humain, non plus sous des angles morcelés, mais comme un organisme entier.
Psychologue américain, Abraham Maslow fut l'un des premiers représentant de la psychologie humaniste. Dans la lignée d'autres humanistes, tels que Fromm, Jung ou Rogers, il stipulera que l'être humain est naturellement doté d'une force, que l'on nomme motivation, qui le pousse à progresser vers des niveaux supérieurs « de santé, de créativité et d'épanouissement ».
Dans cette perspective, « La névrose peut être considérée comme un blocage de la tendance vers l'accomplissement de soi. » Cette théorie, aujourd'hui enseignée dans les écoles de commerce et de management, est avant tout un outil pour mieux comprendre sa vie intérieure et ce qui l'anime.

Une approche holistique

Si nous voulons comprendre l'être humain, Maslow énonce l'importance de considérer celui-ci dans son intégrité, comme un organisme complexe et total, non plus comme un être morcelé en plusieurs instances physiques ou psychologique. Ainsi, si l'individu souffre de la faim, ce n'est pas seulement son estomac qui a faim, mais son être dans sa totalité. Car soumis à la force de la faim, la personne voit toutes ses ressources et toutes les parties de son être mobilisées, afin de répondre à ce besoin physiologique. Ainsi, lorsqu'un besoin fondamental d'ordre inférieur, tel que la faim, la soif, la respiration, la sécurité, le sommeil, etc, ce n'est pas seulement la partie de son organisme en charge de traiter ce besoin qui est motivée, mais l'individu dans sa globalité.
Si l'exemple de la faim est un exemple simple et peu vécu dans nos sociétés où règnent l'abondance, cet exemple illustre bien la façon dont notre organisme fonctionne de manière unifiée afin de répondre à la contrainte qu'induit le besoin. Toutefois, lors d'une survie facile, où les besoins nécessaires à la survie de l'espèce sont dans l'ensemble satisfaits, on remarque que l'organisme humain est tout à fait capable de polyvalence et de poursuivre plusieurs objectifs à la fois.
Maslow relève d'ailleurs que « la plupart des comportements sont multi-motivés. » Ainsi en va-t-il de la recherche d'accomplissement professionnel. Si le besoin de subvenir à ses besoins en est l'origine, il ne faut pas pour autant négliger les besoins d'appartenance à un groupe professionnel défini, la recherche d'accomplissement personnel ou bien encore le besoin de nourrir son estime de soi.
Selon Maslow, « les désirs et comportements motivés peuvent être aussi l'expression d'autres motifs. » Maslow, dans son livre « Devenir le meilleur de soi-même », cite l'exemple d'un homme à la recherche de rapports sexuels. Si, pour cet individu, seule la satisfaction sexuelle est recherchée consciemment à travers ces actes, il s'avère que, même si cantonnés à l'inconscient, les besoins d'amour, de contacts, d'estime et/ou de reconnaissance, motivant le besoin de rapport sexuel, sont tout aussi réels que la recherche de satisfaction sexuelle.
La recherche de satisfaction des besoins fondamentaux de l'être humain se réalise donc au travers d'un organisme dans sa globalité mais aussi au travers d'actes multi-motivés.
Lorsque les besoins physiologiques sont satisfaits, l'organisme peut donc rechercher la satisfaction de besoins supérieurs de manière polyvalente. En d'autres mots, la satisfaction incomplète du besoin d'être aimé, par exemple, n'empêche pas l'individu de rechercher à s'accomplir.

Des états de satisfaction relatifs

« L'être humain est un animal qui désire et qui atteint rarement un état de satisfaction complète, si ce n'est provisoirement. » Il est vrai que l'être humain ordinaire est le plus souvent en proie à une insatisfaction chronique (pas assez aimé, reconnu, accompli, etc). Dans une société qui veut laisser croire que le bonheur est à la portée de tous et facile, la frustration à ne pas y parvenir ne fait que renforcer cet état d'insatisfaction. Cependant, si nous abolissions cette « obligation sociale » à être heureux, cette insatisfaction continuerait-elle d'animer les êtres humains ?
À en croire Maslow, oui, tant que les besoins fondamentaux ne sont pas comblés. Cependant, lorsque l'individu expérimente la faim, seule, cette dernière occupe l'esprit de la personne. Il ne désire pas autre chose que de manger ! Les autres besoins disparaissent devant la force qui anime la faim. Mais une fois nourri, l'individu se retrouve être la proie d'autres désirs. Car lorsqu'un besoin est satisfait, il est aussitôt remplacé par un autre.
Pour Maslow, nos besoins fondamentaux sont hiérarchisés. Il existe des besoins fondamentaux physiologiques, dits inférieurs (manger, boire, respirer, dormir, se protéger), mais aussi des besoins dits supérieurs (aimer et être aimé, être intégré à un groupe, être estimé, reconnu et s'accomplir). Les besoins inférieurs étant dominants. C'est-à-dire qu'en cas de faim, de danger, de déshydratation, l'organisme de l'individu se trouvera engager dans sa totalité à rechercher la satisfaction de ces besoins (satiété, sécurité), les autres besoins dits supérieurs ne peuvent émerger sans un état de satisfaction relative des besoins dominants. La satisfaction des besoins permet donc l'émergence d'autres besoins.

Car seule une satisfaction relative du besoin est nécessaire pour qu'émergent d'autres besoins supérieurs. Cependant, plus les besoins sont satisfaits, plus il y a de place pour d'autres besoins.
Pour autant, Maslow précise que l'individu désire, de manière consciente, ce qui pourrait être à sa portée. Ainsi la majorité des personnes éprouve plus de désirs à acquérir une belle voiture qu'un bateau de luxe ! En d'autres termes, l'individu désire ce qu'il peut atteindre (même si cela suppose un travail), car ce qui motive le désir est la satisfaction intrinsèque de ce désir.

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