Guérir l'enfant intérieur

Retrouvez-nous sur

Twitter icon
Facebook icon
Google+ icon
RSS icon

Par Anne Marie

Guérir l'enfant intérieur

On dit que les enfants sont l'avenir de l'Homme. Rien n'est plus vrai. Mais n'oublions pas qu'avant d'être le futur de l'humanité, il est dans un premier temps l'individu en devenir. A l'instar des poupées russes, l'enfant que nous fûmes, continue d'exister en nous. La santé du psychisme de l'adulte dépend de la santé du psychisme de l'enfant, du bon déroulement de son développement. Car, comme l'écrit le psychologue Moussa Nabati, « pour devenir adulte, il faut avoir été petit ». Seul un enfant qui va bien, guéri de ses traumas et qui a vu ses besoins fondamentaux nourris, peut devenir adulte, s'épanouir.
Porteurs de vie, spontanés, intolérants à l'injustice, on dit aussi qu'ils sont authentiques, que la vérité sort de leur bouche. Il en va de même pour notre enfant intérieur. Gardien de notre moi véritable, il est le détenteur de nos vérités les plus profondes. Si l'adulte peut s'accommoder de mensonges, l'enfant, lui ne le peut pas et il en va de même du monde des émotions. Il est donc important de réhabiliter notre enfant intérieur, de faire la paix avec lui afin qu'il devienne notre allié et qu'il nous permette de vivre notre vie d'adulte, en toute sérénité.

Réhabiliter son enfant intérieur

Tout ce qui n'a pas été vécu sainement dans l'enfance, tous les traumatismes infantiles, toutes les émotions tues continuent de hanter l'adulte en devenir. Ces fantômes, loin de disparaître, de s'effacer, maintiennent la personne non seulement dans des positions infantiles, mais dans des états de souffrances et de mal-être. Comme des plaies béantes, ces fantômes ne sont pas nos ennemis. Ils ne sont que l'expression de l'enfant intérieur qui cherche à se faire reconnaître pour aller bien, pour se développer. Et il ne le peut tant qu'il reste enchaîner à ce qui a entravé son développement, tant qu'il demeure dans les manques infantiles. D'où la nécessité de réhabiliter l'enfant intérieur qui constitue une partie de notre monde intérieur.
Selon le psychologue Moussa Nabati, beaucoup d'adultes s'acharnent contre leur monde interieur, essayant vainement de le museler car source de souffrances. Ils cherchent, à travers des prothèses extérieures, à faire taire les murmures occasionnés par ces souffrances. Pour ce faire, des addictions de toutes sortes se mettent en place, qu'elles soient vis à vis de substances, d'activités ou de personnes. Ces fuites en avant ne sont que des tentatives pour combler des manques et des vides intérieurs. Mais, comme l'écrit Nabati, « plus on comble le vide, plus il s'agrandit ». Alors, cette fuite devient une lutte contre nous-mêmes dont on ne peut sortir que perdant. Car ce combat, inutile, voire contre-productif, ne fait qu'accentuer le mal-être et finit par épuiser le Moi.
Nous sommes le résultat de notre histoire, nous sommes seuls porteurs de nos souffrances et seuls détenteurs de solutions. Nabati, dans son livre « Guérir son enfant intérieur », écrit « la guérison ne peut surgir que des profondeurs de l'être». Il est donc indispensable, pour guérir, de partir à sa découverte, celle de son monde interne, de cet enfant toujours présent en soi.
Pour survivre, s'adapter, l'enfant que nous étions, n'a eu d'autre choix, que subir, se taire. Pour nous affranchir de ses souffrances, il faut donc se réapproprier son histoire, ses émotions si longtemps tues, accorder une place, un droit à la parole à son enfant intérieur blessé. Écouter ce qu'il a à dire, entendre ce qui lui fait défaut. Comme des plaies, nous n'avons d'autre choix que de panser, une à une, ses blessures infantiles afin de faire la paix avec notre passé.
Pour guérir, devenir un adulte heureux, il est donc indispensable de prendre conscience de sa présence, de ce qu'il a à dire, à exprimer et de reconnaître sa propre histoire au lieu de « se blinder », de fuir notre monde intérieur comme le choléra, de chercher vainement des solutions extérieures magiques qui anéantiraient nos souffrances d'un coup de baguette. Ces solutions n'existent pas, ou ne seraient que de la poudre de perlimpinpin. C'est en soi que se situent les fondations de notre être. Les solutions ne peuvent donc que se trouver à l'interieur de soi, pas dans l'amour d'un autre, dans la rencontre parfaite ou un travail idéal.

Se connaître et se reconnaître pour faire la paix

Le grand Freud disait que tout ce qui n'est pas mis en conscience, est condamné à se répéter. Alors tel un disque rayé, les mélodies de notre enfance ne cessent de résonner dans nos fors intérieurs. Elles continuent de se répéter jusqu'à ce que nous acceptions de leur prêter une oreille. Les écouter pour que nous reconnaissions les manques et les souffrances tapies derrière leurs plaintes. Car c'est tout ce que demande notre enfant intérieur. Un adulte à l'écoute, lui accordant la reconnaissance de ses blessures, la reconnaissance de son être véritable. Et c'est ainsi qu'il nous faut aborder notre monde intérieur, en bon parent, celui que nous aurions souhaité avoir et qui nous a si cruellement fait défaut. Personne ne peut l'être à notre place.
Pour cela, il faut accepter de s'aventurer derrière le masque social, celui de l'adulte. Le masque qu'il a fallu nous fabriquer pour pouvoir nous adapter, nous intégrer, être aimé. Prendre le temps de s'arrêter vraiment sur nous-mêmes, accepter de se faire face. L'enfant intérieur s'époumone à dire des choses qu'il a dû taire. Alors, avec compassion, comprendre qu'aujourd'hui, il peut exprimer les peurs, les injustices, les colères qu'il a dû garder.
Car voici certainement le premier travail à faire et qui consiste à « rétablir le négatif, le mauvais », les émotions désagréables, car jugées inacceptables. Pour ce faire, il faut nous accorder, avec lucidité, la possibilité d'un « pèlerinage dans son passé », afin d'y retrouver les émotions enfouies, d'exprimer le refoulé, de permettre le deuil de son enfance et de ce qui ne s'est pas vécu pleinement, d'abandonner les peurs et les fausses croyances qui n'ont plus lieu d'être.
Accepter de remettre les responsabilités à chacun. Si nous étions maltraités, nous n'en étions pas la raison, nous avons vécu le résultat de dysfonctionnements psychiques d'individus incapables d'être parent. Si nous avons appris à être des enfants objets, ce n'est pas parce que nous ne valions pas mieux, mais que nous avons été à la merci de l'égocentrisme de certains parents. Si nous n'avons pas reçu l'amour, la sécurité qui nous était nécessaire, c'est tout simplement parce que notre entourage n'en disposait pas lui-même.
Bien qu'il est malsain de demeurer dans un statut de victime, il est primordial dans un premier temps de se l'accorder, de se reconnaître comme telle. Le psychologue Nabati, dans son livre « Guérir son enfant intérieur », écrit que « toute souffrance reconnue, assumée se métamorphose, se digère. »

Il est d'ailleurs courant que la souffrance véritablement reconnue, acceptée, assimilée apporte un sentiment de soulagement à la personne, qu'elle expérimente un relâchement de la tension interne. Car à chaque révélation correspond la fin d'un combat livré à soi-même. La tension correspondait juste à l'expression d'une lutte entre le Moi infantile qui criait sa souffrance et un Moi adulte qui cherchait à la taire.
Grâce à ce travail sur soi, le deuil de son passé devient possible, une alliance entre le Moi enfant et le Moi adulte est enfin réalisable. Les plaies sont peu à peu pansées. L'enfant intérieur peut demeurer en paix, permettant ainsi à l'adulte de grandir et de vivre sa vie.

Vous aimez cet article ? Dites-le à vos amies

Ajouter un commentaire

Commentaires

Commentaire: 
bonjour, j'ai beaucoup aimé cet article ,mais parler de la guérison de cet enfant intérieur est possible même a l'age de 35 ans.

Commentaire: 
Bonjour Sarah, Oui, guérir l'enfant intérieur est possible peu importe l'âge, même à 70 ans! Le cerveau n'a pas la notion du temps. C'est pourquoi une émotion difficile vécue dans l'enfance est souvent encore plus vivace dans l'esprit qu'un souvenir du mois dernier. Le cerveau est aussi assez maléable pour qu'on puisse y inscrire de nouvelles empreintes. Il peut donc se rééduquer. Mais guérir est à comprendre dans le sens de soigner. Faire qu'une plaie se transforme enfin en cicatrice et n'embarasse plus notre vie. La cicatrice demeure, mais elle ne fait plus mal. Le travail sur l'enfant intérieur est une approche thérapeutique. Cette approche exige du patient de laisser cet enfant intérieur s'exprimer et dire ce dont il a besoin. Une fois les besoins de l'enfant identifiés, on lui accorde enfin ce qu'il réclamait (amour, respect, confiance, reconnaissance... des nouvelles empreintes). Je ne saurais trop vous conseiller de vous adresser à un thérapeute professionnel pour faire ce travail. Réveiller les émotions peut s'avérer très douloureux, un professionnel encadrera ce travail pour que vous en retiriez le maximum de bénéfices. J'espère que ma réponse vous aura aidé, Anne

Commentaire: 
bonjour, vers quel type de thérapeute peut-on se diriger pour guérir notre enfant intérieur? j'aimerai effectuer ce travail mais je ne sais vers qui me tourner

Commentaire: 
Bonjour Je vous conseille les spécialistes du processus Cœur d'enfant qui ont écrit beaucoup d'ouvrage de référence et qui ont crée depuis 26 ans des groupes de thérapie sur le processus de l'enfant intérieur. Ils reçoivent également en individuel : http://www.coeurdenfant.fr/ J'ai participé à leurs nombreux stages et j'en suis sorti plus en lien avec la petite fille en moi