Les mécanismes de défense de l'estime de soi

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Par Anne Marie

Les mécanismes de défense de l'estime de soi - estime de soi - soi - etats d'esprit

Déni, projection, fantasme, évitement, compensation, rationalisation,... Tels sont les noms barbares des processus mentaux que tout le monde utilise pour se protéger d'un face à face avec une réalité jugée trop difficile à assumer. Plus l'estime de soi est basse, plus l'individu dépensera d'énergie à la protéger en ayant recours à ces procédés mentaux, appelés aussi mécanismes de défense.
« C'est un troc inconscient au cours duquel les sujets sacrifient leur développement personnel contre un sentiment factice de sécurité », écrit le médecin psychiatre Christophe André, dans son livre « l'estime de soi ». C'est pourquoi il est important de les identifier lorsque l'on y a recours. Car, s'ils se mettent en place pour protéger une estime de soi considérée trop fragile, ils protègent aussi d'une prise de conscience de ses failles narcissiques et, par conséquent, de toutes chances de guérison.

L'évitement et le retrait

Lorsque le sujet se perçoit comme indigne d'être aimé, il peut avoir recours à ce type de mécanisme de défense qui prend la forme d'inhibition sociale. Ce mécanisme de défense reflète sa crainte d'un jugement négatif par autrui, sa peur d'être rejeté ou critiqué. Toute activité, professionnelle ou personnelle, pouvant l'amener à se confronter au risque d'être jugé, est soigneusement évitée. Ce mécanisme de défense peut être confondu avec la timidité.
Cette attitude d'évitement et de retrait peut aussi prendre place dans la vie intime et affective du sujet. De ce fait, toute implication affective avec autrui ne peut être envisagée que s'il existe déjà une certaine garantie d'être aimé.
Le principal bénéfice de ce mécanisme de défense est de se prémunir contre tout échec,… mais aussi contre toute réussite.

La projection

Si la projection peut constituer la base de la relation de la mère à l'enfant (la mère projette ses propres besoins sur le nourrisson, ce qui lui permet de prendre soin de lui), la projection, comme mécanisme de défense, consiste à projeter sur autrui ses propres désirs, pulsions et sentiments, considérés comme indésirables par le Moi idéal.
Le principal bénéfice de ce mécanisme de défense est de protéger l'image d'un moi idéal, débarrassé de ce qui pourrait lui causé un préjudice.
On peut retrouver ce type de procédés mentaux dans les structures mentales perverses et manipulatoires. Par exemple, une personnalité manipulatrice initialise la violence dans la relation, poussant l'autre à réagir pour ensuite l'accuser d'être agressif et violent. Le bénéfice principal demeure inchangé. Par ce processus, le manipulateur ou la manipulatrice peut continuer à se percevoir comme exempt de toute violence et agressivité, grâce au procédé mental de projection. L'image du Moi idéal est protégée.

Les fantasmes et les rêveries

Selon le médecin psychiatre Christophe André, des personnes ayant une basse estime d'elles-mêmes ont recours à la rêverie et au fantasme de réussite. La réussite est présente, cependant pas dans la réalité. Ce procédé mental offre une échappatoire au sujet.
Si la rêverie est nécessaire à l'imagination d'un projet, le sujet atteint d'une mauvaise estime de lui-même se cantonne généralement à la rêverie, sans jamais passer à l'acte dans la réalité. On imagine sa réussite plutôt que de la construire, explique Christophe André.
Ce mécanisme de défense a pour bénéfice d'éviter de faire face aux échecs de sa vie et, par conséquent, à la remise en question que la confrontation pourrait entraîner.

La rationalisation

La rationalisation fait aussi partie des mécanismes de défense pour protéger une estime de soi considérée comme fragile. Il s'agit d'un processus mental dans lequel les problèmes sont reconnus, mais dont les causes sont externalisées.
En externalisant les causes du problème ou de l'échec, la remise en question qui pourrait provoquer une atteinte à l'estime de soi est ainsi soigneusement évitée. C'est d'ailleurs le principal bénéfice de ce mécanisme de défense, en plus de protéger l'individu de toute incohérence mentale, en ayant recours à une analyse logique.

Le déni

Le déni est un processus mental qui consiste à refuser de percevoir ce qui est dans la réalité. Contrairement au refoulement, qui consiste à rendre inconscient ce qui a eu lieu (l'acte est mentalisé mais inconscientisé), le déni consiste à rejeter tout simplement ce qui est.
Le bénéfice principal du déni est d'éradiquer ce qui est perçu comme intolérable par l'individu et de ne pas avoir à se confronter à des représentations de soi ou des sentiments jugés douloureux.
Cependant, ce refus de la réalité peut avoir pour conséquence la mise en place de délires ou d'hallucinations mentales (délire de grandeur narcissique, érotomanie,...).


La compensation

Parmi les mécanismes de défense de l'estime de soi, il y a des processus qui permettent de renforcer une estime de soi perçue comme affaiblie, en s'employant à valoriser un domaine de sa vie ou un aspect de sa personnalité grâce au processus de compensation.
Le bénéfice principal de ce procédé mental est de permettre à l'individu de fuir le sentiment d'infériorité qui l'anime en surinvestissant un autre domaine de sa vie.

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