Le manque d'estime de soi

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Par Anne Marie

Le manque d'estime de soi - La femme et l'amour

Timidité exagérée, prétentions orgueilleuses ou encore exhibitionnisme narcissique, ces manifestations sont les conséquences d'une estime de soi altérée. Comme l'écrit le psychiatre Christophe André dans son livre « L'estime de soi », l'estime de soi est souvent au cœur de beaucoup de difficultés psychologiques. Pourquoi ? Car l'estime de soi teinte de ses couleurs, alimente de ses saveurs, le rapport à soi, aux autres, à la vie. Elle est le terreau d'une vie harmonieuse. Car, pour être heureuse, il est indispensable de cultiver un rapport sain à soi, une bonne (à ne pas confondre avec haute !) image de soi.

L'estime de soi et le rapport à soi

Les personnes souffrant d'un manque d'estime de soi, comme le dit Sylvie Tenenbaum, « s'observent à travers un miroir déformant, elles s'y trouvent laides, stupides, incapables, incompétentes, inutiles, indignes d'être aimées aujourd'hui et pour toujours ». Ce qui, on le comprend aisément, est un obstacle de taille à l'accès au bonheur.
La première conséquence d'une mauvaise estime de soi se situe dans les nombreuses stratégies mises en place pour la protéger, aussi minime soit-elle. Le sujet atteint d'une mauvaise estime de lui se voit contraint à des attitudes prudentes, de prévention de l'échec, inévitable selon lui, de recherche de sécurité matérielle et affective, plutôt que la recherche de son développement et du respect de ses réelles aspirations. Une mauvaise estime de soi paralyse, elle est un empêchement à l'action, à la prise de risques, nécessaire à la réussite. Les aspirations profondes du sujet sont mises en berne, car irréalisables selon lui. Cercle vicieux par excellence, ce système garantit au sujet de maintenir.... une mauvaise estime de lui, ou en tout cas, ne lui permet pas de l'améliorer.
D'une mauvaise estime de soi découlent aussi certaines « fausses » perceptions. Le syndrome de l'imposteur en est sûrement la plus courante. La personne, confrontée à une nouvelle action, se voit souvent envahie par une forte anxiété. L'anxiété de performance. Anxiété, car le sujet ne peut se considérer comme intimement capable de remplir son nouveau rôle. Il se trouve alors coincé entre l'enclume et le marteau, entre l'obligation de faire et la peur que les autres y découvrent la « supercherie ». Alors, souvent, il reste sur des terres connues, refusant défis et chalenge que la vie place sur sa route.
Il est aussi fréquent que les personnes souffrant d'une mauvaise estime d'elles-mêmes aient beaucoup de mal à accepter les compliments. Il serait faux d'y voir là une quelconque humilité. Pour ces individus, les compliments créent en eux ce qu'en psychologie on appelle : une dissonance cognitive. C'est-à-dire une incohérence entre les mots entendus et ce qu'ils pensent d'eux-mêmes. D'après Christophe André, en plus de cette incohérence, les compliments peuvent entraîner une certaine anxiété chez la personne, le sujet se retrouve confronté à la crainte et à l'obligation d'être à la hauteur du compliment formulé !
Le miroir déformant, à travers lequel ces personnes se perçoivent, peut aller jusqu'à développer un sentiment de honte de soi. La conscience de certains défauts, plutôt que de les accepter, transforme ces imperfections en complexes. Alors le sujet se voit contraint à rester discret, anxieux que les autres les découvrent, l'empêchant ainsi de s'affirmer, voire même d'exister aux yeux des autres.
Une mauvaise estime de soi, atteignant le sujet de plein fouet, n'a pas que des effets dans son rapport à lui-même, une mauvaise estime de soi a de multiples conséquences dans son rapport à la vie, à l'autre.

Conséquences sociales d'une mauvaise estime de soi

La première des conséquences d'une mauvaise estime de soi est que celle-ci est fortement volubile, dépendante du regard d'autrui. Certes, l'estime de soi n'est pas une qualité posée une fois pour toutes, stable face aux aléas de la vie. Mais, comme le dit Christophe André, elle «n'empêche ni la souffrance, ni le doute en cas de difficultés, mais protège du désespoir ». Il est donc important que l'estime de soi s'appuie sur un socle solide.
Cette dépendance au regard d'autrui va fortement influer sur la vie sociale de la personne. On parle souvent d'instinct grégaire, l'instinct de rester avec le troupeau. Si cette attitude peut avoir des avantages en cas de conflits, elle est loin d'être indispensable en temps de paix. Or, une basse estime de soi contraint les personnes à demeurer dans le troupeau, à se cantonner à un rôle de suiveur, même si cela va à l'encontre des aspirations de l'individu. Certes l'approbation sociale participe à une bonne estime de soi, elle est nécessaire dans la construction de l'individu, de son identité et fait partie de ses besoins fondamentaux. Cependant, alors qu'une bonne estime de soi permet à l'individu de faire ses choix propres, d'accepter de réaliser ses aspirations indépendamment des choix de son entourage, une estime de soi altérée place l'individu dans une dynamique de dépendance vis-à-vis d'autrui. Les décisions lui sont difficiles à prendre, dû à la dépendance au regard d'autrui. Car une mauvaise estime de soi engendre une peur de la différence, en découle une peur d'affirmer ses choix, de s'affirmer face à l'autre, une peur de se sentir rejeté. Alors les sujets à basse estime de soi se voient contraints au conformisme social.
Une des autres attitudes cultivée par les personnes à basse estime de soi est la rêverie. Si la rêverie est un préambule nécessaire au passage à l'action, il n'est pas rare que celle-ci plutôt qu'un préambule, se contente d'être une alternative au fait d'agir (C. André).
En résumé, alors que la personne armée d'une bonne estime de soi sera plus offensive dans la vie, le sujet à basse estime de soi se verra plus craintif, s'entourant de mille précautions et s’évertuera à conserver ce qu'il a plutôt que d'aller chercher ce qu'il veut. Ce rapport de dépendance à l'autre, à l'approbation sociale, influera dans les situations où il est question de plaire, que ce soit dans la rencontre amoureuse ou professionnelle. Une estime de soi altérée poussera la personne à rechercher l'approbation, l'acceptation plutôt que l'affirmation. Cette attitude, quelque peu soumise face à l'autre, empêche du même coup de partir à la découverte de soi. Elle est un empêchement à la connaissance de soi.

Enfin, on ne peut parler de basse estime de soi sans aborder le phénomène de sur consommation. Si consommer fait du bien à l'estime de soi, sur consommer, être victime d'achats compulsifs serait plutôt la preuve d'un manque d'estime de soi. Consommer devient alors une prothèse à l'estime de soi. Prothèse affublée d'un besoin insatiable de nourriture. Les biens de consommation ne sont pas les seuls à servir de prothèse à l'estime de soi. La consommation de relations amoureuses, le besoin irrépressible de séduire, de sorties nocturnes sont aussi à considérer comme telles.

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