Déodorants, les sels d'aluminium sont-ils cancérigènes ?

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Par Anne Marie

Déodorants, les sels d'aluminium sont-ils cancérigènes ? - Santé - Etats d'Esprit

Les sels d'aluminium présents dans les déodorants sont-ils dangereux pour la santé ? Si les sels d'aluminium ont pour fonction de lutter contre le flux de la transpiration et d'agir sur la dégradation de la sueur, une polémique, les concernant, ne cesse d'agiter les médias depuis maintenant plusieurs années. Les sels d'aluminium seraient responsables, selon certaines études, du développement du cancer du sein.
Parties de l'hypothèse selon laquelle les quadrants supérieurs externes du sein (partie du sein la plus proche de la zone d'application des déodorants) étaient le plus souvent touchés par ce type de cancer, différentes équipes scientifiques avaient émis l'existence d'un lien de causalité entre le recours aux déodorants, contenants paraben et sels d'aluminium, et le développement du cancer du sein. Une équipe d'experts (cancérologues reconnus et non liés à des laboratoires cosmétiques) s'est donc penchée sur cette question et, après étude, a conclu qu'aucune de ces affirmations n'était fondée. Cependant, s'il n'existe pas de lien de causalité entre les sels d'aluminium présents dans les déodorants et le développement du cancer du sein, l'AFSSAPS (agence française de sécurité sanitaire) et la communauté scientifique s'entendent tout de même sur la nocivité des sels d'aluminium présents dans tous les cosmétiques.

Des études passées à la loupe des experts

Dans le monde scientifique, lorsqu'une hypothèse de recherche ne peut être vérifiée, elle est alors considérée comme erronée. Et c'est ce qu'a conclu l'équipe d'experts sur la question du rapport entre la présence de sels d'aluminium dans les déodorants et le développement du cancer du sein. Parmi les 59 études menées sur la question par différentes équipes de chercheurs à travers le monde, seules 19 ont été retenues par les experts (les autres recherches concernées les parabènes absents de la composition des déodorants).
Cependant, selon ces experts, aucune de ces études n'a pu valider l'hypothèse de départ. Absence d'étude prospective, études rétrospectives peu nombreuses et surtout peu rigoureuses, selon les experts. Parmi les études retenues, toutes ont montré de nombreux défauts méthodologiques (pas de groupe témoin de comparaison, pas de prise en compte des autres facteurs de risque responsables d'un possible développement de cancer,etc). Une seule étude a pu démontré un mécanisme d’interférence entre les sels d'aluminium et les récepteurs d’œstrogène, mais sans démontrer, pour autant, un lien de causalité entre la présence de sels d'aluminium et le développement du cancer du sein.
En appliquant la méthode mise au point par Sir Austin Bradford Hill (méthode éprouvée et approuvée pour établir un lien de causalité entre un agent potentiel et une maladie), aucun des neuf critères n'était rempli. Les experts en ont donc conclu que la présence de sels d'aluminium dans les déodorants ne pouvait être considérée comme facteur de risque dans le développement du cancer du sein selon les études menées à l'heure actuelle.
Ils ajoutent, dans leur rapport, que le quadrant supérieur externe du sein serait plus touché par le cancer du sein tout simplement à cause de la plus grande présence de tissus mammaires à cet endroit. De plus, malgré l'augmentation de la vente de déodorants entre 1970 et l'année 2000, ces spécialistes n'ont pu constater aucune augmentation du cancer du sein dans la population féminine.
Cependant, malgré l'impossibilité d'établir un lien de causalité entre les sels d'aluminium et le développement du cancer du sein, les experts ont pu validé une étude qui démontre une pénétration cutanée des sels d'aluminium présents dans les déodorants. Et si le développement du cancer du sein ne saurait être rapproché de l'utilisation de déodorants, les sels d'aluminium n'en demeurent pas moins toxiques pour la santé.

L'aluminium, les dangers subsistent

Effets neurotoxiques sur l'embryon et le développement du système nerveux, l'exposition répétée à un fort taux d'aluminium serait un facteur de risque dans le développement des hémopathies (maladies du sang), des maladies osseuses, cardiaques et neurologiques.
Pour concevoir un déodorant, les laboratoires cosmétiques ont recours au chlorhydrate d'aluminium. Malheureusement, des études ont montré une forte absorption cutanée du chlorhydrate d'aluminium par le corps humain. Selon une étude de l'AFSSAPS, un déodorant contenant 20% de chlorhydrate d’aluminium (soit 5% d'aluminium) appliqué quotidiennement sur une peau normale, 0,5% de l'aluminium est absorbé par le corps. Mais lorsque cette même application se fait sur une peau lésée ou fraîchement rasée, ce taux monte à 18% !
L'AFSSAPS préconise donc de ne pas utiliser de cosmétiques contenant des sels d'aluminium sur une peau lésée ou rasée et a restreint la concentration en aluminium dans les déodorants à 0,6%. L'agence précise toutefois que cette restriction ne prend pas en compte l'exposition totale à l'aluminium présent dans les divers produits cosmétiques.
Qu'en est-il de la pierre d'alun ? La pierre d'alun est formée de cristaux, appelé alun de potassium, qui ne sont autre que des sulfates double de potassium et d'aluminium. Si les fabricants expliquent que ces molécules se transforment en oxydes d'aluminium stables et peu solubles au contact de la peau, les scientifiques précisent que cela demeure de l'aluminium et qu'il subsiste une diffusion des ions d'aluminium dans le corps. Même labellisé bio, de l'aluminium demeure de l'aluminium. L'AFSSAPS préconise donc qu'une étude soit faite dans les plus brefs délais concernant ces fameuses pierres d'alun.
Il ne reste donc qu'au consommateur de se pencher sur la composition de son déodorant, afin de vérifier que celui-ci ne comporte ni chlorhydrate d'aluminium, ni d'alun de potassium, surtout si l'on n'est pas touché par un gros problème de sudation !. Car, si certains laboratoires cosmétiques n'hésitent pas à désigner leur déodorant « sans chlorhydrate d'aluminium », il est courant qu'ils le remplacent tout bonnement par de l'alun de potassium !

Source :
Rapport d'expertise de l'AFSSAPS, octobre 2011

Bulletin du cancer, septembre 2008

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