Les schémas affectifs

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Par Anne Marie

les schémas affectifs - tomber amoureuse - la femme et l'amour

Anna Freud disait, « Les premières années de la vie sont comme les premiers coups d'une partie d'échecs. Ils donnent l'orientation et le style de toute la partie, mais tant qu'on n'est pas échec et mat, il reste encore de jolis coups à jouer. »
Des relations amoureuses à l'image de nos premières expériences affectives, ces expériences précoces ont constitué toute une programmation affective. Un schéma affectif qui, sans être définitivement figé, va nous suivre tout au long de notre vie.
Arrivées au monde dans notre plus simple appareil, tel un disque vierge,c'est au cours de nos premières années qu'un schéma affectif se construit peu à peu, constitué d'une suite d'empreintes, façonnant notre appareil psychique.

Une programmation de l'affectivité

Et c'est à un disque vierge que l'on pourrait comparer notre fonctionnement psychique à nos débuts. Un disque sur lequel vient se graver l'empreinte de l'affectivité. Affectivité marquée par nos premiers rapports avec notre environnement. A-t-on été aimée, désirée, accueillie, choyée, quelles relations entretenaient nos parents entre eux... Toutes ces interactions et ressentis seront enregistrés, créant un schéma affectif qui sera sollicité de nouveau à l'âge adulte et nous amènera à choisir nos partenaires, à tisser certains liens plutôt que d'autres et à tomber amoureuses.
Au cours de notre petite enfance, notre ressenti, la nature et qualité des liens créés et des liens existant autour de nous, la répétition de schémas relationnels, chacune de ces facettes a câblé d'une certaine façon notre système nerveux central. Comme un pull aux mille couleurs, certains de ces câbles représenteront les rôles joués dans la famille, le ressenti de ses membres familiaux, le fonctionnement du couple parental... Ce "câblage" sera aussi la résultante des réponses apportées à nos besoins fondamentaux (amour, estime, autonomie, frustration, liberté, acceptation, etc).
Le formatage de ce disque vierge commence bien avant notre naissance. Les recherches en neurosciences ont démontré que le cerveau émotionnel est fonctionnel bien avant notre naissance. Les échanges émotionnels et affectifs sont les seuls modes de communication auxquels l'enfant à accès, et ce, jusqu'à l'acquisition du langage. Les émotions ressenties se gravent progressivement dans nos corps, nos processus mentaux et intellectuels et y demeurent toute notre vie.
Comme l'écrit la psychothérapeute Sylvie Tenenbaum dans son livre « Vaincre la dépendance affective », « les enfants, mêmes très petits, même s'ils ne mettent pas de mots sur ce qu'ils perçoivent, captent parfaitement bien les émotions de leurs parents.»

Des expériences à l'origine des empreintes

Nous sommes des êtres construits d'expériences, où chacune va laisser une empreinte qui va influencer le futur. Bien sûr, toute expérience n'a pas le même poids. Certaines expériences seront plus déterminantes que d'autres. Tout être vivant, au fil de son développement, de sa vie, connaît une réceptivité variable, des périodes plus ou moins sensibles aux événements auxquels il est confronté dans son environnement.
Ainsi les expériences affectives et émotionnelles vécues au cours de son développement, au cours des apprentissages de soi, du lien, de sa vision de soi auront des effets plus durables. Ces expériences laisseront une d'empreinte qui influencera fortement notre fonctionnement, faisant office de référence dans notre vie. Car notre fonctionnement mental modèle notre manière de penser, de percevoir, d'agir, et par conséquent, les choix que nous faisons, les décisions que nous prenons.
Voici ce qui compose le schéma affectif : des empreintes laissées par les expériences vécues au cours de la vie, qui donneront lieu à un certain câblage, une certaine programmation. Ces schémas affectifs deviendront « les formes privilégiées de son environnement», comme l'écrit Boris Cyrulnik, et «lorsque ces traces internes rencontrent un objet externe, alors il peut y avoir la mise en place du lien.»
Ce schéma affectif, ce câblage d'affectivité deviendra notre boussole dans nos nouvelles rencontres amoureuses, nous dirigeant vers l'être aimé déjà existant dans nos inconscients. Ainsi la rencontre d'un schéma affectif porteur de traits fondamentaux que nous recherchons éveillera une émotion intense, qui sera le départ d'un lien possible.
Heureusement, on sait aujourd'hui, grâce à la recherche scientifique, que la plastique du cerveau est beaucoup plus malléable qu'on ne le pensait. La neurobiologiste Lucy Vincent écrit d'ailleurs, « chaque histoire d'amour se compose d'après le cerveau unique de celui ou de celle qui la vit, en intégrant l'histoire de ses ancêtres mais aussi son propre parcours de vie. Si l'amour est programmé, il se programme, se déprogramme et se reprogramme en fonction du vécu de chacun. »

Loin d'être une fatalité, ces empreintes à la base de nos schémas affectifs ne sont pas irrémédiables, car le cerveau, même arrivé à l'âge adulte est capable d'intégrer de nouvelles empreintes qui permettront, si on le désire, de changer notre manière d'agir, de penser. Possibilité accessible grâce à une prise de conscience, une psychothérapie, un travail sur soi.

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