Séduction: un rituel nécessaire

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Par Anne Marie

Séduction: un rituel nécessaire - séduction - la femme et l'amour

Séduire... Si parfois on en joue beaucoup, la rencontre amoureuse, pour qu'elle ait lieu, ne saurait exister sans la séduction. La séduction, loin d'être la chasse gardée des séductrices et autre Don Juan, est un préliminaire nécessaire à la rencontre des corps, des âmes. Qu'elle se veuille discrète ou digne du parfait tombeur, la séduction est autant un jeu qu'un rituel de passage. Rituel de passage qui permet aux êtres de se toiser, de se choisir... sans trop d'erreurs. Un temps qui permet de décider si oui ou non, nous pousserons l'aventure plus loin.
Lors de la rencontre, la séduction s'apparente à une danse. La danse de deux êtres qui se préparent à la relation intime, où chacun se cherche, se découvre et se montre, et qui parfois sait se jouer de l'autre.

La séduction, à quoi ça sert ?

Le psychiatre Patrick Lemoine, dans son livre « Séduire », nous résume, en quelques mots bien sentis, la raison d'être de la séduction. Car n'oublions pas que l'unique but de la séduction amoureuse est de permettre la réalisation de la relation sexuelle, de la relation intime, aussi romanesque et prude que l'on puisse être. « Il est rare qu'un jeune homme déclare tout de go : « Bonjour, mademoiselle, vous me plaisez bien, accepteriez-vous d'aventure que je vous pénétrasse. » Plus rare encore dans l'autre sens : « Bonjour, monsieur, je vous trouve à mon goût, me pénétreriez-vous un de ces jours ? ». Et c'est à cela que sert la séduction : accomplir les préliminaires qui permettront le rapprochement sexuel sans heurter les conventions sociales. Car si, lors de la rencontre, les chiens se reniflent, la race humaine a entouré de mille pudeurs et significations certaines parties de son corps. Alors « ce reniflage » se réalise au cours de la phase de séduction. Ne dit-on pas d'ailleurs : « Je ne peux pas le sentir ! » ou encore « J'ai bien senti que le courant passait ! ».
La séduction devient le rituel qu'il est nécessaire d'effectuer afin de permettre un rapprochement intime. Ce rituel est l'occasion d'utiliser un langage corporel afin de faire passer le message, sans avoir à le verbaliser.
Le corps, dans ses moindres recoins, est porteur d'une multitude de messages. Messages qui permettront à l'autre de savoir non seulement à qui il s'adresse mais aussi, en contexte de séduction, s'il y a une « ouverture » possible ! Des études ont ainsi montré que le haussement de sourcils chez la femme pourrait constituer un signal d'attention, d'approbation pour le partenaire. Ce signal d'accord serait d'ailleurs constant peu importe la culture de la personne. Il en va de même pour la taille des pupilles et toutes autres sortes de signaux chimiques non renseignant, le plus souvent inconsciemment, sur la personne qui se tient en face de nous. Car en matière de rencontre amoureuse, il n'y a aucun hasard !
En plus des signaux envoyés... et captés, la séduction est une phase dans la rencontre, qui amène à la synchronisation des corps, des émotions. Elle permet de se mettre en phase avec cet autre. La séduction permet le rapprochement des corps. Nous avons tous un espace vital qui nous est nécessaire. Un espace qui nous assure un sentiment de sécurité. La pénétration de cet espace par un étranger nécessite un temps d'adaptation, une graduation de l'approche, afin de ne pas se sentir en danger. La séduction permet à chacun d'appréhender l'espace intime de l'autre, sans que cela soit perçu comme une menace. Danse des corps, elle est aussi la danse des âmes. Cette danse montre notre façon d'aimer, de s'érotiser, de craindre, tout simplement d'être.
La séduction est ainsi emplie de codes, qu'ils soient sociaux, physiologiques et psychologiques qui nous permettent de savoir si, oui ou non, la rencontre peut se prolonger mais aussi une codification qui nous contraindra à certains profils plutôt qu'à d'autres.

La séduction : manipulation ou pancarte sociale ?

Les humains, contrairement aux animaux n'ont pas de saisons d'amour (même si le printemps et l'été sont communément appelés « la saison des amours » !). La séduction s'exprime au quotidien. Elle est un ensemble de comportements symboliques pour attirer l'autre, le convaincre, le soumettre à soi, ou, plus vilement, le manipuler. Le psychiatre Patrick Lemoine écrit à propos de la séduction : « Pour être séduit, il faut être abusé, mais il vaut mieux y consentir pour que ce soit amusant ».
La séduction emprunte plusieurs canaux sensoriels. La vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher sont sollicités dans la danse de la séduction. Pour exercer cette attraction sur l'autre, l'Homme a souvent recours au leurre, comme beaucoup d'espèces animales. Les parures de toutes sortes et certaines mimiques sont alors affichées pour alerter l'autre de sa disponibilité. Tout est parfois bon pour détourner l'autre de sa trajectoire et l'attirer à soi. Pourquoi avoir recours à l'utilisation de leurres ? Car ils ont un pouvoir stimulant.
L'esthétique, les apparences ont pour conséquence de provoquer des sensations agréables, de stimuler une attraction sur l'autre. Et il serait faux de se convaincre que cet intérêt pour l'esthétique est seulement présent pour nous. Car s'il nourrit notre narcissisme, cette nourriture trouve sa source dans le regard de l'autre, dans l'acceptation sociale qu'il procure.
Maquillage, tenues apprêtées, parfum, peau satinée, vêtements au toucher soyeux, pour les femmes, torse bombé, grosse voiture, parfum et tenue griffée pour les hommes. Tout est bon pour « leurrer » l'autre. Ce qui peut soulever la question que P. Lemoine se pose dans son livre « Séduire », pourquoi l'être humain a-t-il tant besoin pour séduire de se faire passer pour ce qu'il n'est pas ?
Mais ces codes ont aussi une autre utilité : celle de savoir qui est en face de nous. Comme l'écrit le neuropsychiatre et éthologue Boris Cyrulnik dans son livre « sous le signe du lien », ces artifices sont des « pancartes sociales et montrent de quelle façon il va falloir érotiser avec ce partenaire. » Une femme en tenue affriolante ne sera pas abordée de la même manière qu'une femme en tailleur qui ne laisse à la vue qu'un échantillon limité de peau.

Ces pancartes permettent de se diriger vers des partenaires qui posséderont les valeurs que nous véhiculons, que celles-ci soient sociales ou culturelles. Ainsi la façon de nous parer ne va pas attirer les mêmes candidats.
Pourtant, même si on la rejette, si on se refuse à la cultiver, la séduction est un rituel nécessaire à l'approche d'un autre. Elle est le temps qui nous permet de décider si l'autre peut représenter un partenaire potentiel, un temps pour décider si, oui ou non, nous permettons à cet autre de rentrer dans notre espace intime, un moment pour qu'une première impression se forme.

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