Phéromones: mythe ou réalité ?

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Par Anne Marie

Phéromones: mythe ou réalité - biologie de l'amour - la femme et l'amour

Tout le monde, aujourd'hui, a entendu parler des phéromones. Mais à quoi servent ces petites molécules inodores ? Si leur rôle a largement été étudié dans le monde animal, l'Homme s'est pendant longtemps gardé de vérifier si certains de ses comportements étaient, eux aussi, soumis à l'action de ces mystérieuses phéromones. Leur influence sur l'Homme fait, d'ailleurs, toujours polémique au sein de la sphère scientifique.
Reconnaître l'influence des phéromones sur l'être humain revient à anéantir la croyance selon laquelle l'Homme dispose d'un total libre arbitre, et surtout, la certitude que l'humain est un être supérieur ! Au cours des dernières décennies, les recherches scientifiques ont mis à mal cette croyance, prétentieuse il faut le dire ! L'esprit humain n'est donc pas toujours maître en la demeure ! Et si le rôle de ces phéromones s'est appauvri chez l'Homme dans bien des domaines, il demeurerait cependant opérationnel lorsqu'il s'agit des comportements sexuels et du choix d'un partenaire.

Les phéromones en action

Les phéromones sont des hormones sécrétées par le corps. Comme toute autre hormone, elles sont porteuses de messages. Mais contrairement à ses consœurs, celles-ci sont exocrines. C'est-à-dire que les messages qu'elles délivrent sont à destination de l'extérieur, à l'intention des congénères du sujet. Par quel biais circulent ces messagers ? Par les fluides extérieurs, comme la salive, la transpiration, l'urine, etc. Et ont une portée inférieure à un mètre.
De l'association de deux mots grecs « Pheran » et « Horman », qui signifient respectivement transférer et exciter, les phéromones sont tout simplement des moyens de communication entre semblables, dont le but est de déclencher une réaction chez l'autre.
Depuis les années 90, et la découverte de leur influence sur l'Homme, de multiples expériences ont été menées pour vérifier l'importance de ces fameuses phéromones sur le comportement humain. C'est ainsi que l'on a découvert pourquoi et surtout comment, dans les milieux à population féminine (couvents, bureaux, prisons, internats), les cycles ovariens finissaient toujours par se synchroniser !
Mais si l'influence des phéromones sur l'Homme est aujourd'hui reconnue, elle est surtout indiscutable lorsqu'il s'agit de nos comportements assurant la reproduction. C'est en tout cas ce qu'ont prouvé de nombreuses expériences.
En pulvérisant des androstadiénones ( Hormone dérivée de la testostérone, présente vingt fois plus chez l'homme que chez la femme!), issues de la transpiration masculine sur une chaise, dans la salle d'attente d'un dentiste ( Lieu plus propice aux angoisses qu'aux pensées légères, penserions-nous !), on remarque que cette chaise est systématiquement évitée par les hommes, alors que les femmes vont irrémédiablement s'y asseoir ! Mais si les informations contenues dans les phéromones ont pour conséquence d'attirer le sexe opposé, elles ont aussi le pouvoir de changer nos jugements !
Ainsi, lors d'un speed dating, des femmes à qui l'on avait demandé de juger des participants masculins, trouvaient ces hommes plus attirants une fois soumises à ces fameuses molécules. Non seulement plus attirants, mais certains hommes se retrouvaient élus partenaires potentiels par ces mêmes femmes qui les avaient dépréciés dans un premier temps (sans phéromones) ! Non seulement les phéromones ont un effet attractif, lorsqu'il s'agit de comportements sexuels, mais elles ont aussi le pouvoir de provoquer un changement dans nos jugements en matière de choix de partenaire ! Sous l'effet des phéromones, on ne choisit plus les mêmes partenaires !
D'autres expériences ont aussi permis de découvrir que la réponse des femmes en matière d'attirance sexuelle était reliée à leur cycle ovarien. En période d'ovulation, la femme est plus sensible aux phéromones émises par les hommes. En période d'ovulation, les hommes deviennent plus attirants ! Réciproquement, une femme en période d'ovulation sera perçue comme plus jolie par la gent masculine ! Comme l'écrit le psychiatre Patrick Lemoine, dans son livre « Séduire », « La fécondité féminine est flairée par les hommes ». Mais quels sont les messages émis par ces fameuses phéromones ?

Fonctionnement des phéromones

S'il est indéniable que les phéromones ont un rôle à jouer en matière d'attirance sexuelle, ces molécules, sont aussi porteuses de messages qui nous font choisir tel partenaire plutôt qu'un autre.
Dans un premier temps, et comme l'indiquent les expériences citées ci-dessus, les phéromones renseignent l'autre sur notre disponibilité à la fécondation. Car si les phéromones sexuelles ont un but, c'est de favoriser le rapprochement de deux individus de sexes opposés dans le dessein de procréer.
Cependant, tous les partenariats sexuels ne peuvent être envisagés. Non pour des raisons de mœurs ou de morale, mais dans le dessein de la survie de l'espèce. Afin d'assurer les meilleures chances de survie à l'enfant à naître. Les phéromones sont donc aussi porteuses d'informations génétiques. Ce qui fait de ces hormones des messagers uniques à chaque individu ! Car, comme l'explique le psychiatre P. Lemoine, pour assurer une descendance viable, nous devons nous assurer de la diversité génétique tout en conservant les gènes garants d'une sécurité immunitaire. En résumé, les phéromones nous guident vers des partenaires avec qui nous avons les meilleures chances de mettre au monde des enfants en bonne santé.
Mais comment captons-nous ces informations ? C'est en 1991 qu'un médecin découvre un diverticule ratatiné de un millimètre de diamètre et de un centimètre de long, situé sur la muqueuse respiratoire de la cloison nasale, appelé aujourd'hui l'organe voméronasal (OVN). Et c'est ce minuscule organe qui est en charge de l'analyse des phéromones présentes dans notre environnement.
Nous savons aujourd'hui que cet organe, l'OVN, possède des connexions nerveuses directes avec l'hypothalamus. Région du cerveau en charge de nos émotions et de nos pulsions les plus primitives, comme la pulsion de reproduction. On comprend, dès lors, qu'une femme, en période d'ovulation et en présence d'un candidat possible à lui assurer la naissance d'un enfant sain, à toutes les chances de ressentir quelques attirances, ou tout du moins, quelques émois ! Il semblerait, pourtant, que ces phéromones sexuelles soient mises à mal par les recours aux produits antiseptiques, aux douches quotidiennes, à l'utilisation de déodorants et de parfums, ainsi que par les modes de contraceptions orales qui ont aussi une grande incidence, puisque la période d'ovulation est chimiquement suspendue. En résumé, l'hygiène nous tient, non seulement à distance des bactéries, mais aussi de notre fonctionnement biologique naturel !
Mais ces phéromones sont-elles seulement d'ordre sexuel ? Dans le monde animal, il en existe quatre groupes : les phéromones d'alarmes (qui signalent le danger), les phéromones de piste (traces de passage), les phéromones d'espacement (qui définissent l'espace vital) et les phéromones sexuelles (qui attirent et prédisposent à la sexualité). Bref, tout ce que nous définissons comme l'instinct animal !
Chez l'homme, malgré des séquences d'ADN identiques, seule une branche serait opérante : les phéromones sexuelles. Pourquoi seulement une ? Selon l'hypothèse des scientifiques, il semblerait que cela soit lié à l'évolution humaine. Leur non-utilisation les aurait fait tomber en désuétude, amenant l'organe qui les distinguait à s'atrophier ! Bien que la neurologue et biochimiste Lucy Vincent émette l'hypothèse scientifique selon laquelle ces phéromones nous inciteraient à certaines attitudes sociales.

Ce qui expliquerait, selon elle, l'impolitesse dont peuvent faire preuve certains automobilistes, à l'abri dans leur habitacle et donc des odeurs de l'autre. En l'absence d'odeurs, le danger d'un combat possible et normalement évité se ferait moins sentir ! Cependant, malgré l'influence qu'exerceraient les phéromones sur l'attraction sexuelle et à la vue de la complexité humaine, la rencontre amoureuse et sexuelle demeure le resultat de facteurs multiples

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