Le baiser, le goût de l'autre

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Par Anne Marie

Le baiser, le goût de l'autre - relation amoureuse - La femme et l'amour

Toute grande histoire d'amour commence par un baiser ! Baiser fougueux, baiser langoureux, baiser passionné, il est, sans contexte, le signe fondateur de toute nouvelle romance. Moment magique de la relation amoureuse, le premier baiser est le temps où deux étrangers deviennent enfin amants.
Nouvelle intimité partagée, découverte de l'autre, les nouveaux amants peuvent passer des heures, enlacés, à découvrir les lèvres de l'autre. Moments de tendresse, éclosion d'un nouvel érotisme, montée de la tension sexuelle, les amoureux tombent dans l'ivresse du baiser en même temps qu'ils se laissent envahir par le sentiment miraculeux de l'amour naissant.
Mais plus qu'un moment où deux destins se scellent, le baiser est le temps de l'ouverture à un Autre, car le baiser ne se résume pas à un échange de tendresse et d'attention, le baiser est avant tout une formidable source d'informations sur notre partenaire.

Le baiser, le temps des amants

Si la séduction est un rituel nécessaire à l'approche amoureuse, le baiser est, depuis la libération des mœurs, la marque de naissance du couple. À la question « Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ? », le moment du premier baiser échangé est le plus souvent le point de repère de la création de cette entité qui se vit à deux. Dû au feu d'artifice hormonal qu'il provoque dans nos corps, le premier baiser se grave à jamais dans nos mémoires et devient souvent la madeleine de Proust de chaque histoire d'amour. Le souvenir d'un moment béni dont les amants ne cessent d'aspirer à retrouver le goût.
Le baiser, s'il est une pratique universelle, est avant tout le moment où les amants s'ouvrent à l'Autre. Il est le signe d'acceptation de l'Autre dans notre intimité. Avant-goût de la relation sexuelle, le baiser est aussi une incommensurable source de bien-être et de bonheur. De par la libération d'endorphine (hormone déclenchant un sentiment de bien-être) et d'ocytocine (hormone du bonheur et de l'attachement) qu'un baiser langoureux procure, il n'y a rien d'étonnant de voir les nouveaux amants s'adonner à sa pratique des heures durant !
Mais pourquoi la bouche et les lèvres sont-elles à l'origine de tant de félicité ? On ne peut parler du baiser sans aborder le concept freudien d'oralité. Lors de son développement, le premier lieu corporel, source de plaisir pour le nouveau-né, est justement la bouche, bien avant la zone génitale. Rappelons que la tétée est un des premiers phénomènes libérateurs d'ocytocine, que l'enfant expérimente. La tétée est le moment où l'enfant retrouve la fusion originelle, un état où la séparation n'avait pas encore lieu d'être. Un moment de paix, d'unité et de sécurité. La succion demeure, depuis, dans nos mémoires, un acte de plaisir. Un acte automatique et instinctuel que l'attraction sexuelle et la tendresse viennent irrémédiablement réveiller. Il n'y a donc rien d'étonnant que le baiser soit un rite partagé de tous.
Mais le baiser ne se limite pas à un moment de bonheur, il participe à la mise en place de plus grands plaisirs. La bouche est une « zone d'échange », comme le stipule la neurobiologiste Lucy Vincent dans son livre « L'amour de A à XY ». Aussi peu ragoûtante soit-elle, la salive a un rôle à jouer dans la montée du désir que l'on peut ressentir lors d'un baiser, dû à certaines molécules qui la composent. Ainsi, des études ont montré que la production de testostérone (autant chez l'homme que chez la femme) augmente avant, pendant et après la rencontre avec son amoureux (L. Vincent). On sait aussi que la testostérone joue un rôle important dans la motivation sexuelle. On a pu valider la présence de testostérone dans la salive. Il n'y a donc rien d'étonnant que les baisers échangés provoquent, chez les amants, le désir irrésistible de faire l'amour. La force de la testostérone est telle qu'elle nous contraindrait à cette envie. Le baiser serait donc un excellent moyen d'entretenir la flamme du désir dans le couple.

Un baiser pour être en harmonie

Tous ceux qui ont vécu une histoire amoureuse d'une certaine durée s'accorderaient à dire que les baisers langoureux sont l'affaire des nouveaux amants. Rares sont les couples installés qui savourent encore de longues heures à explorer la bouche de l'autre. Pourquoi ? Car ces temps passés à s'embrasser étaient les temps de la découverte de l'Autre, un temps pour s'imprégner du goût de l'autre et de former le couple.
Pourquoi le baiser est avant tout une histoire de jeune couple ? Car grâce aux baisers, une certaine harmonie hormonale va s'installer. Comme l'écrit Lucy Vincent, le baiser est un temps pour « mettre les deux cerveaux au diapason ». Lors de l'échange de salive, on assiste à un partage des influences hormonales de l'Autre, amenant les amants à partager une circulation sanguine commune. Chaque couple possède donc son propre goût. Si nous changeons de partenaire, le goût du couple sera, lui aussi, différent.
Plus qu'une mise en commun, le baiser est l'acte fondateur de l'entité couple. À chaque baiser échangé, le goût de l'autre s'installe un peu plus en soi. Car la salive est porteuse d'une foule d'informations. Une partie de ces informations est ensuite envoyée vers l'amygdale (région du cerveau en charge des émotions). Une fois l'amygdale imprégnée de l'autre, sa simple présence suffit au cerveau pour le reconnaître, reconnaître le lien d'attachement qui unit les deux amants. Ce qui expliquerait pourquoi, le « vieux » couple n'est plus autant enclin à partager de longs baisers langoureux. Une simple petite « piqûre de rappel » de temps en temps suffirait à se rappeler le goût de l'autre... et du couple.

Dans son livre « l'amour de A à XY », Lucy Vincent énumère d'autres informations qui sont échangées lors d'un baiser. Ainsi, il existerait une certaine corrélation entre certains traits de personnalité et la présence de certaines protéines. La présence de ces protéines et sucres dans la salive nous indiqueraient quel type de partenaire se tient en face de nous. Dominateur, soumis, colérique, joyeux,... toutes ces aptitudes mentales auraient une incidence physiologique que le baiser détecterait. Mais le baiser sert aussi à renseigner sur la santé du partenaire, son état de fécondité, son âge, etc... Bref, le baiser serait autant un exercice attractif que sélectif, car au travers du baiser, c'est à l'Autre que nous goûtons !

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