L'ocytocine ou l'hormone du bonheur !

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Par Anne Marie

L'ocytocine ou l'hormone du bonheur ! - Biologie de l'amour - La femme et l'amour

Tomber amoureuse, rire, échanger avec ses amies, avoir un enfant, faire l'amour, recevoir de la tendresse, ou tout simplement cultiver des échanges chaleureux, un immense bien-être accompagne toujours ces expériences. Ces actes sont d'ailleurs certainement les plus grandes sources de bonheur pour l'être humain.
Si la réussite d'un projet apporte un certain contentement, force est de constater que les succès professionnels et matériels n'ont pas les mêmes retombées sur la sensation de bonheur. Existe-t-il une raison biologique pour que les plus grands bonheurs soient toujours en rapport avec les liens d'amour ? Le bonheur se situerait-il d'abord dans le lien social ?
Au grand dam des romantiques et des partisans du libre arbitre, le bonheur et le sentiment de bien-être seraient avant tout une question d'hormones, ou plutôt d'une hormone : l'ocytocine !

L'ocytocine comme système de récompense

L'être humain est un animal complexe. Bien qu'il se développe à travers des interactions et qu'il soit toujours à l'image de son environnement culturel (que celui-ci soit familial ou social), lorsque l'on se penche sur son fonctionnement biologique, on constate que, dans ce domaine, tout est étudié pour que l'être humain prenne plaisir à être un animal social et à assurer la survie de son espèce.
Comment ? Le cerveau est doté de systèmes de récompense. Ces systèmes sont stimulés par certaines actions, qui amèneront la personne à expérimenter un certain sentiment de bien-être. D'où son nom de système de récompense. Et l'ocytocine en est une des hormones principales.
Quelles sont ces actions libératrices d'ocytocine ? Parmi elles, on trouve en tête de liste l'accouchement, suivi de très près par l'orgasme sexuel. ( l'ensemble des échanges sexuels demeure cependant une formidable source d'ocytocine ! ) Selon le chimiste et chercheur Marcel Hibert, une minute d'un baiser langoureux provoquerait un pic de production d'ocytocine. D'après la neurobiologiste Lucy Vincent, si l'aventure amoureuse demeure une cure intensive d'effets bienfaisants de l'ocytocine, les rapports sociaux amicaux permettent aussi la libération d'ocytocine.
En résumé, il s'agit de tous les actes qui visent à maintenir des échanges sociaux plaisants et de ceux qui assurent la reproduction humaine. Bien-être, paix sociale et survie de l'espèce sont biologiquement liés ! Ce bonheur ressenti développerait une dépendance, ce qui pousserait alors les individus à réitérer ces actes et à s'attacher !

Les effets bénéfiques de l'ocytocine

Les effets positifs de l'ocytocine ne se comptent plus : puissant anxiolytique, augmentation de la résistance à la douleur, sensation de profond bien-être, effet apaisant et soporifique, assimilation plus efficace de la nourriture, réparation après une blessure ou une agression, baisse de la tension artérielle, diminution des réactions inflammatoires, améliorations des performances cognitives, stimulation de l'hormone de croissance et d'insuline, etc...
La découverte de l'ocytocine remonte au début du siècle dernier et portait surtout sur son rôle joué dans l'accouchement et la lactation. C'est en effet cette hormone qui ordonnerait la contraction de l'utérus, ainsi que la montée de lait. Cependant, l'action de l'ocytocine ne se limiterait pas à la reproduction. L'ocytocine assurerait aussi le lien mère/enfant grâce au bien-être ressenti par la mère à prodiguer des soins à son petit. Bien-être partagé par ce dernier, grâce aux attentions et aux caresses dont il est l'objet. Sans oublier la tétée, qui serait d'ailleurs une des premières expériences de production d'ocytocine faite par le petit.
De multiples expériences ont été menées afin de vérifier cette hypothèse. Ainsi, si l'on soumet une rate à des bouffées d'ocytocine, on remarque qu'en présence de petits, la femelle développe instantanément des comportements maternels (léchage, reniflage, protection), alors que ces comportements sont totalement absents en l'absence de ladite hormone. Le professeur de chimie organique et chercheur au CNRS, Marcel Hibert, avance l'idée que l'ocytocine aurait aussi un rôle dans la bravoure dont peuvent faire preuve certaines mères lorsque leur petit est en situation de danger. Et voici la boucle de la survie de l'espèce assurée par l'action de cette hormone du bonheur !
Cependant, si les actes visant la reproduction de l'espèce et l'assurance de la survie des petits induisent biologiquement un bien-être, pourquoi tout le monde n'expérimente pas cet état de félicité ? Sommes-nous tous égaux devant l'ocytocine ?

Tous égaux devant l'ocytocine ?

Si nous sommes tous producteurs d'ocytocine, nos récepteurs à cette hormone peuvent s'avérer bien différents d'un groupe à l'autre. Et c'est en étudiant des campagnols, que l'on peut trouver un début de preuve. Parmi ces petits rongeurs, il existe différentes familles : les campagnols des champs, qui bénéficient d'un environnement clément et d'une nourriture abondante, et les campagnols des montagnes, où la survie est plus rude, due au climat et à la rareté des denrées. Bien qu'appartenant à la même espèce, on remarque des comportements sociaux bien différents. Alors que les campagnols des champs s'accouplent toujours avec le même partenaire et que les couples cultivent des liens parentaux de longue durée, il n'en va pas de même pour les campagnols des montagnes, dont les mâles ont tendance à se reproduire avec de multiples partenaires et les femelles, à abandonner plus facilement leurs petits à leur sort.
En étudiant ces deux groupes d'une même espèce, les chercheurs ont pu déceler chez les campagnols des champs des chaînes de récepteur à l'ocytocine beaucoup plus longues que chez leurs homologues des montagnes. En modifiant ces chaînes chez les campagnols des montagnes, on remarque que les couples de rongeurs développent instantanément des comportements de fidélité envers le partenaire et une augmentation de la durée des soins parentaux. (M. Hibert)
De là à dire qu'il existe une prédisposition à la fidélité serait présomptueux, cependant, une grande quantité de récepteurs à l'ocytocine aurait pour conséquence de favoriser la préservation du cocon familial et la fidélité. Tenter de savoir si c'est l'environnement (difficile pour les campagnols des montagnes) qui a amoindri la concentration d'ocytocine ou bien si c'est la faible production d'ocytocine qui a permis à cette espèce de survivre dans des conditions difficiles est un peu comme deviner qui est venu en premier entre l’œuf et la poule !

Notre capacité au bonheur (donc à la production d'ocytocine) a-t-elle une incidence sur notre choix de conjoint ? Allons-nous vers des compagnons dont la capacité au bonheur est identique à la nôtre ? Ces données font-elles partie des informations échangées lors de la rencontre amoureuse, grâce aux phéromones ? Voici autant de questions auxquelles les recherches trouveront peut-être des réponses dans les prochaines années !

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Commentaires

Commentaire: 
Ces rercherches ont aussi des implications chez les humains. L'empathie naturelle est régulée par une hormone: L'Ocytocine (la fameuse "molécule du bonheur"). L’Ocytocine est une hormone qui joue un rôle essentiel dans la sociabilité, l’empathie, les comportements parentaux, la confiance et d'autres déterminants comportementaux qui contribuent à construire une société stable. Lorsque qu’une déficience sur cette hormone ou ses récepteurs est détectée, elle peut aussi être associée à des problèmes sur les comportements prosociaux (sociopathes, psychopathes, narcissiques et/ou manipulateurs). Cette déficience est à la base des pires problèmes dus aux déséquilibres psychologiques dans la société. Les PN et les psychoathes ont donc un problème lié aux récepteurs (OXTR) de l'Ocytocine. Ces récepteurs sont moins nombreux ou fonctionnent moins bien chez un PN ou un psychopathe que chez une personne normale. Le fait d'être PN ou psychopathe est donc clairement structurel, même si l'environnement et l'historique social, affectif et psychologique ont aussi leur importance. Ceci devrait mettre fin au galvaudage du terme "Pervers Narcissique" utilisé à toutes les sauces et au moindre conflit pour insulter l'incriminé. Si c'est structurel, il y a un moyen de le détecter: L'analyse génétique sur le marqueur Rs53576. http://www.snpedia.com/index.php/Rs53576 Cela peut se faire via un site comme https://www.23andme.com/en-eu/ suivi d'une analyse des données brutes sur https://www.promethease.com. Le gène de l’empathie n’a théoriquement rien à voir avec le sexe (situé sur le chromosome 3: ADN autosomal non sexuel), mais dans la pratique, si l’on constate au moins deux fois plus de PN masculins que féminins, c’est probablement dû au fait qu’un seul allèle A impacte déjà les hommes alors que ce sont plutôt les femmes homozygotes (A ;A) qui ont un comportement potentiellement à risque. L'Ocytocine intervient aussi sur la qualité de l’orgasme tant masculin que féminin ainsi que sur l'attachement parental. L’allèle A sur ce gène est, vous l'aurez compris, un désavantage. Petite remarque complémentaire pour éviter les malentendus: La génétique est un sujet sensible et donc susceptible de provoquer des cris d’orfraies de la part de bon nombre de commentateurs. Il faut bien entendu éviter tout réductionnisme en prétendant que le déterminisme génétique est absolu… ou à l’inverse, qu’il peut être balayé d’un revers de main. Les recherches expérimentales sur le sujet ont quasiment toutes des résultats probabilistes et le niveau de déterminisme génétique varie selon chaque marqueur. Les facteurs externes, les environnements familiaux et sociaux et l’épigénétique ont bien entendu aussi toute leur importance. Certaines recherches sont d'ailleurs effectuée en épigénétique sur l'influence des microbiotes (vos milliards de bébêtes dans vos intestins). ... Mais si ça peut aider à peaufiner le diagnostic, ça ne peut pas servir à éluder la génétique. Il est certain que vous pouvez avoir les caractéristiques génétique d'un PN et ne jamais en développer les pratiques toxiques. Ca peut être le cas, par exemple, si vous avez eu un bon environnement affectif, un environnement familial équilibré et une très bonne éducation ou un très bon environnement social valorisant les comportements empathiques.