Une sexualité épanouie

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Par Anne Marie

sexualité épanouie - sexualité - relation - la femme et l'amour

Tabou, relevant de l'intime, la sexualité se tait, même dans le couple. La morale bourgeoise ne cesse de la marteler à coups de pudibonderie. Et ce, malgré un exhibitionnisme toujours plus grand devant des yeux avides de questionnement . On la recherche autant qu'on la cache. Néanmoins, en 1972, l'Organisation Mondiale de la Santé intègre la santé sexuelle comme objectif de santé. Mais sur quels leviers s'appuie une sexualité épanouissante ? Que faut-il cultiver pour que cette partie de notre vie s'exprime de façon satisfaisante ?
D'après les sexologues, la capacité à l'érotisme est le ferment d'une sexualité épanouie. Alors qu'est-ce que l'érotisme ?
Cependant, la sexualité ne se résume pas à l'érotisme, une maturité affective et psychique sont également nécessaires pour connaître une sexualité épanouie.

De l'érotisme

Le mot « érotisme » nous vient du grec. De Éros, le dieu de l'amour. Pour Platon, l'érotisme, l’Éros inférieur, est l'exaltation de l'amour physique. Amour sensuel, amour du toucher, il est le goût pour la satisfaction sexuelle, le plaisir des sens. Car comme le dit le psychiatre et sexologue Philippe Brenot, « le sexe n'est pas dans la tête ou le corps, il est un mode de vie ». L'érotisme ne se résume donc pas à un rapport au corps, il est aussi un rapport à la vie, à la vie charnelle et surtout au plaisir.
L'érotisation, la recherche du plaisir par le corps, commence chez l'être humain bien avant sa naissance. Comme le montrent les différentes études faites sur le petit encore au chaud dans le ventre de sa mère. En témoigne la réplique des médecins lors des échographies « Pour connaître le sexe de l'enfant, il suffit de chercher l'épaule, on suit le bras et immanquablement, on trouve le sexe ». Le corps, source de plaisirs, est découvert, touché tout au long de notre développement.
S'érotiser devient notre capacité à accepter la fête sexuelle, les plaisirs charnels. Et surtout l'autorisation de jouir de son corps. Il est notre capacité à jouer les plaisirs de la vie. Car « l'amour sexuel ne souffre aucun interdit, la jouissance ne s'accommode d'aucune limite », dit Brenot. Pas plus qu'il ne s'accommode d'obligation !
Mais cette capacité à l'érotisme ou plutôt son libre accès repose aussi sur une maturité affective et psychologique. Car l'érotisme n'est qu'une expression personnelle, l'expression d'un « je » au travers du jeu corporel.

De la maturité

Le désir sexuel n'est pas qu'une histoire d'hormones. Le désir sexuel est dépendant de l'humeur de l'individu. Par humeur, on entend la confiance que l'on a en soi, la liberté d'esprit que l'on s'octroie. L'humeur est aussi dépendante des rapports relationnels que l'on entretient avec l'autre. Les disputes et conflits non résolus au sein de la relation finissent, eux aussi, par tarir l'envie, ils vont à l'encontre du désir sexuel.
Le désir sexuel présume aussi de la nécessité d'avoir quitté les positions infantiles dans le couple, d'avoir abandonné la fusion symbiotique comme expression du couple, comme relation idéale. Dans la position infantile, l'individu est renvoyé à un attachement parent-enfant. Or ce lien est par essence un amour non érotique, un lien dont la sexualité est bannie.
De plus, dans un positionnement infantile fusionnel, le jeu d'un « je » sexuel est source d'angoisse, car il devient le représentant d'une séparation tant redoutée. Le désir sexuel ne peut naître dans la fusion, il suppose une séparation des corps, des individualités et une acceptation de celles-ci. Le « je » ne s'accommode pas d'un nous indifférencié. Car le désir sexuel est une affirmation de soi. Une affirmation de ses désirs et de ses besoins.

Une sexualité épanouie suppose aussi une bonne connaissance de soi, de savoir vivre l'expérience de l'auto-érotisme. Car, comme le dit le sexologue P. Brenot, l'amour sexuel « se fait d'abord avec soi et autour des sensations intimes avant d'être vécu à deux ». Une sexualité épanouie ne peut donc prendre sa source que dans l'égoïsme d'une jouissance personnelle. La sexualité ne peut s'épanouir que dans un abandon au plaisir, un abandon de soi, un abandon à un autre. Dans une relation de confiance, où un oui est un vrai oui et où le non peut être dit sans peur ni gène.

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