Les différences hommes-femmes

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Par Anne Marie

Les différences hommes-femmes - sexualité - la femme et l'amour

« Il n'y a pas de rapports sexuels entre un homme et une femme. » C'est non sans une certaine provocation que le psychiatre et psychanalyste Jacques Lacan résume, avec une très grande justesse, la relation sexuelle entre un homme et une femme. Car si ces deux êtres peuvent être complémentaires et si leurs ébats amoureux peuvent les mener au Nirvana, la réalité est qu'il n'y a pas de rapport entre la sexualité féminine et la sexualité masculine !
Si certains avancent l'idée que les hommes et les femmes vivent sur des planètes différentes, rien n'est plus vrai que lorsqu'il s'agit de sexualité. Éducation, identité sociale, biologie, culture, tout participe pour que ces deux êtres, qui partagent leur couche depuis la nuit des temps, vivent dans deux mondes bien distincts. ( Quoique la plupart demeurent certains de vivre ou de pouvoir vivre dans le même univers et que tout cela ne relève que du manque d'effort du ou de la partenaire !) S'il est essentiel d'être conscient de ces différences, créer des ponts entre ces deux mondes serait préférable à imposer son monde à l'autre ou à rechercher à qui revient la faute lorsque les amants se trouvent confrontés à leurs différences.

Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus

Une des principales différences sexuelles entre hommes et femmes concerne l'éveil du désir. Si une partie de la sexualité peut relever de la mécanique physique, le désir sexuel est beaucoup plus conditionné par des aspects émotionnels et psychologiques chez la femme que chez l'homme. Comme l'écrit le psychiatre Philippe Brenot, « si la femme vit au rythme de ses images intérieures qui conditionnent le niveau de son désir, les hommes réagissent plus aux messages de l'environnement. » 
En d'autres mots, si le désir masculin peut émerger grâce à une simple sollicitation extérieure, le désir féminin dépendra plus de son état émotionnel, de son niveau de bien-être et de confiance. Ainsi, si dans une relation de couple, des dessous affriolants peuvent attiser le désir chez un homme, il est plus rare que même le plus beau des boxers et quelques muscles suffisent à exciter sexuellement une femme. Selon le psychologue Moussa Nabati, « le sexe, chez la femme, engage son désir, la totalité de son être profond, son corps et son âme, imbriquée dans son histoire. » S'exprimant sur la sexualité féminine, il parle de « nudité de l'âme ».
Car, avant d'être un corps-à-corps, la relation sexuelle est, surtout pour les femmes, un moment d'échanges émotionnels. Cependant, l'émotion n'est pas perçue de la même façon selon que l'on est une femme ou un homme. Si la femme en a fait le centre de son monde intérieur, vivre ses émotions au grand jour est encore considéré, par beaucoup d'hommes, comme un signe de faiblesse. Non qu'ils n'en soient dépourvus, mais les hommes préféreraient les intérioriser, contrairement aux femmes. Il est d'ailleurs assez courant que les hommes ne comprennent pas les envolées émotionnelles soudaines des femmes, qui leurs paraissent, le plus souvent, sorties de nulle part et inexplicables.
Les différences du rythme sexuel reposent aussi sur des raisons physiologiques. Prenons pour exemple, le désir sexuel. Ce dernier est en partie conditionné par une hormone : la testostérone. Si les deux sexes la produisent, c'est de manière inégale. Alors que l'homme la fabrique en continue, la femme n'en produit qu'en période d'ovulation et en quantité dix fois inférieure. (Ce qui expliquerait cependant l'augmentation du désir sexuel connue par les femmes en période d'ovulation !) Avec, la testostérone, nous voici confrontés au fameux soi disant « besoin sexuel » des hommes (bien que d'après le sexologue Brenot, il n'y aurait aucune corrélation entre le niveau de testostérone et l'intensité de l'activité sexuelle !). Plutôt qu'une expression de vie, beaucoup d'hommes considèrent encore la sexualité comme un besoin, tel que l'est la faim. Selon le psychiatre et sexologue Brenot, cette impression de manque serait « en réalité, l'expression des désirs frustrés et de la difficulté à accepter la frustration. » Il faut bien avouer que sur ce point, la société leur a longtemps donné raison. La frustration sexuelle fut l'apanage des femmes, pas celui des hommes. Le droit à la jouissance sexuelle pour la femme n'a vu le jour qu'avec les mouvements sociaux des années 1960! Auparavant, son droit aux plaisirs sexuels s'appelait « devoir conjugal ». De nombreuses femmes s'y soumettraient d'ailleurs encore ! Et si beaucoup de chemin a été effectué, les particularités sexuelles féminines ne sont pas encore totalement intégrées dans l'inconscient collectif.
Mais les différences biologiques ne se limitent pas au monde hormonal. La sexualité se compose de plusieurs phases, notamment la période d'excitation qui permet la réalisation de l'acte sexuel. Et cette phase est différente que l'on soit un homme ou une femme. En effet, si les deux sexes connaissent une phase d'érection, le temps demandé pour obtenir une érection satisfaisante pour une femme est nettement supérieur que pour un homme. D'où l'importance des préliminaires pour la femme, qui sont, pour elles, partie intégrante d'un rapport sexuel satisfaisant.
Si, toutefois, de nombreuses disparités entre femmes et hommes s'expliquent par des raisons culturelles, certaines de ces différences s'expliqueraient aussi par l'éducation. Ainsi de nombreuses études ont montré qu'une petite fille reçoit plus de caresses qu'un garçon de la part de sa mère. Ces études ont aussi révélé qu'une mère partagerait plus de temps de parole avec un enfant de sexe féminin que masculin. ( Sans que la plupart de ces mères en aient conscience).
Aguerrie au toucher et à la communication, la femme, devenue adulte, deviendrait plus sensible aux caresses et encline à la communication que la plupart de ses compagnons de jeux masculins. Ce qui pourrait expliquer pourquoi, comme l'écrit la psychanalyste Luce Irigaray, « la femme a des sexes un peu partout. Elle jouit d'un peu partout. » Contrairement à l'homme qui voit sa zone érogène se concentrait dans la zone génitale. Non que la zone génitale masculine soit la seule à être érogène, elle serait surtout la zone principale que l'homme ait appris à solliciter. Si cela relève d'un apprentissage, il est donc possible de développer ces zones par des massages afin de développer la sensibilité du reste du corps. Car ce qui découle de cette éducation, c'est que le corps n'est pas investi de la même façon, selon que l'on est une femme ou un homme.
Éducationnelles, culturelles ou biologiques, les différences, en matière sexuelle, entre les hommes et les femmes ne manquent pas. De par sa complexité, l'être humain est un individu difficile à définir sans prendre le risque de le réduire. À chacun et chacune d'apprendre à se connaître et à se respecter, afin de pouvoir s'ouvrir à l'autre, plein de ses différences et d'apprendre à les partager !

Vivre avec les différences de l'autre

L'acte sexuel « traditionnel » s'est, pendant longtemps, limité à la pénétration vaginale et à l'éjaculation. Si la sexualité féminine a aujourd'hui le droit de citer, d'importantes zones d'ombre subsistent. Le plus souvent, le désir féminin continue de paraître très capricieux et incompréhensible pour la plupart des hommes... et, à vrai dire, pour une grande partie des femmes aussi. La norme sexuelle se définit encore par la norme masculine. C'est à dire le plus souvent, par une libido plus forte et un désir plus facilement excitable. La sexualité masculine dicte la norme. Il n'est pas rare qu'une femme qui a moins de désir sexuel dans le couple qu'un homme, voit la faute lui être imputée. Et la guerre des sexes n'a rien arrangé à l'affaire des femmes.
Car, par cette guerre utopiste, animée d'une profonde myopie, c'est toutes les différences entre les hommes et les femmes que nous voudrions gommer. Être égaux. Malheureusement, être égaux signifie le plus souvent être similaires. Si certains combats sont salutaires, il ne faudrait pas pour autant nier les différences inhérentes à la nature humaine. Certaines choses ne changeront jamais. Non à cause d'une pensée réfractaire, mais simplement dû à des raisons biologiques. Les femmes et les hommes ne répondent pas aux mêmes systèmes hormonaux. Une femme enfante, un homme n'enfantera jamais. Telle est la nature humaine. Un homme ne sera jamais une femme et vice versa ! Si une égalité, vue sous l'angle de la similarité, est tout bonnement irréalisable, une équité (traitement juste de l'autre et reconnaissance de ses différences) demeure toutefois possible et souhaitable.
Dans le rapport sexuel homme-femme, et en l'absence de similarité, il est nécessaire, comme l'écrit le psychiatre Philippe Brenot, d'accepter « d'entendre un imaginaire qui n'est pas le sien »Le rapport sexuel entre un homme et une femme est un rapport entre deux mondes qui ne possèdent pas le même langage. Si l'on souhaite connaître une sexualité de couple épanouie, il devient primordial d'écouter le monde de l'autre. D'accepter et de respecter l'existence d'un autre différent de soi. Aucun des deux n'a tort ou raison, aucun des deux ne détient la vérité en la matière. Le rapport sexuel entre un homme et une femme est juste la rencontre entre deux mondes intimes différents, où chacun se doit d'être à l'écoute du sien et de respecter celui de l'autre.
Une erreur souvent commise par les amants, c'est de penser que l'autre a un fonctionnement sexuel similaire au sien. Lorsque cette similarité n'est pas pensée, elle est au moins souhaitée. Il faut préciser que la période amoureuse leurre allègrement les amants. L'extraordinaire, qui caractérise l'état amoureux, trompe les amants sur une parfaite complétude possible et permanente. Une fois ces temps passés et l'ordinaire revenu à notre porte, le désir sexuel et la libido reprennent leurs droits d'être de ce qui était à l'origine chez chacun et qui a toujours pour conséquence la confrontation de deux mondes emplis de différences.
Cependant, un couple épanoui suppose l'acceptation de l'individualité de l'autre et des différences qui lui sont propres. Un couple se joue toujours à deux. Il n'est jamais un.
Prendre conscience de ses différences, c'est aussi prendre le temps de les expliquer à l'autre. Cela permet de comprendre que les dissonances relationnelles sont le plus souvent dues à des différences de rythme plutôt qu'à une histoire de faute ou d'égoïsme.
Accepter les différences de l'autre sexe signifie aussi abandonner l'idéal de l'orgasme synchrone. Avec des rythmes différents, cette « obligation » amoureuse prive le plus souvent les amants de toute spontanéité au profit d'une concentration sur la jouissance de l'autre, qui ne peut être qu'illusoire, car il est tout bonnement impossible d'être à la fois dans son ressenti, en même temps qu'être dans celui de l'autre.

Il est, par conséquent, essentiel pour le couple de créer un langage et un imaginaire commun, afin de pouvoir enfin se rencontrer sur un pied, non d'égalité mais d'équité, où chacun peut exprimer son monde et où l'autre tente d'être à l'écoute de celui-ci qui n'est et ne sera jamais le sien. La femme ne peut exiger que l'homme ait moins de pulsions sexuelles, autant que l'homme ne peut exiger que la femme se soumette au « devoir conjugal ». Car à travers cette exigence, c'est la tyranie de vouloir imposer son monde à l'autre qui s'exprime !

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Commentaires

Commentaire: 
Il est bourré d'erreurs et d'approximations votre article, ça jette le discrédit sur tout le reste du site et c'est dommage. "Le droit à la jouissance sexuelle pour la femme n'a vu le jour qu'avec les mouvements sociaux des années 1960" -> heureusement que non! même au cœur du XIXe siècle occidental catholique, lire la fameuse scène de cunnilingus dans la Duchesse de Langeais (H. de Balzac) et la délicieuse nouvelle de Maupassant "la moustache". Pour ne parler que de l'Occident! ("la chair comme tapis de prière", Chine, 1657). Ensuite, la testostérone n'a aucun rapport avec la libido masculine (mais elle peut inhiber la libido féminine, consulter la littérature scientifique). La libido masculine serait principalement gouvernée par le stress (contrairement à une idée reçue). Enfin, l'article suppose qu'une femme a naturellement moins de désir qu'un homme. C'est une opinion basée sur les clichés véhiculés par notre société, pas un fait intemporel (Cf. Ovide, Montaigne, Brantôme).