Baisse du désir sexuel

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Par Anne Marie

La baisse du désir sexuel est-elle une fatalité? - sexualité - la femme et l'amour

Alors que les débuts de la relation amoureuse se distinguent par un désir insatiable de l'autre, il est courant de voir le désir sexuel fondre comme neige au soleil, au fur et à mesure que l'état amoureux s'émousse. Peu à peu, une certaine tranquillité prend place et une sexualité routinière s'installe. Pourquoi ? Car l'état amoureux se caractérise avant tout par un état biologique, dont le circuit nous fait expérimenter un état de manque. Rassasié, ce désir, fondé sur le manque, n'a plus lieu d'être !
Alors la baisse du désir sexuel est-elle une fatalité ? Non ! Certes le couple ne peut pas retrouver la sexualité qu'il a connue à ses débuts ! Cependant, rien n'empêche, si ce n'est quelques freins, le couple d'avoir une sexualité épanouissante et d'entretenir le désir sexuel !

Une réalité biologique

La plupart d'entre nous considérons que l'amour naissant est le plus digne représentant du bonheur, par l'extraordinaire qu'il nous fait vivre et l'état de grâce que nous ressentons en sa présence. Une fois cet état dépassé, nous vivons toutes et tous dans la nostalgie d'un paradis perdu. Nous l'avons connu, touché, mais à peine vécu, nous voilà déjà expulsés de l’Éden !
Souvent, la baisse du désir sexuel est perçue comme une fatalité par le couple. Loin d'en être une, il s'agirait plutôt d'une réalité biologique que les amants ont du mal à accepter, ou même à admettre ! Comme l'écrit Alberoni, « les amoureux sont figés dans un souvenir qui ne revient pas ! »
Lors de la rencontre amoureuse, notre cerveau est dopé par les circuits dopaminergiques. La dopamine a comme particularité d'entretenir le désir de recommencer ce qui nous a procuré tant de plaisir. En l’occurrence : retrouver notre amoureux et réitérer nos ébats sexuels. Avec la dopamine, nous expérimentons, non seulement une dépendance au plaisir, mais aussi un sentiment de manque.
Alors que les débuts de la relation amoureuse sont marqués par la biologie de l'amour, cet état biologique est confronté à ce que l'on appelle le phénomène « d'adaptation ». Au fur et à mesure de la répétition de nos retrouvailles, nous nous habituons à ce plaisir ressenti. Les circuits dopaminergiques sont de moins en moins sollicités. Notre cerveau s'adapte au plaisir d'être avec cet autre. Et au bout d'un certain temps (qui peut durer plusieurs années), nous sommes comme rassasiés de l'Autre !
Lorsque notre cerveau ne produit plus cette fameuse dopamine, c'est le sentiment de manque qui disparaît avec elle et le désir de recommencer ce qui nous a apporté tant de plaisir ! En résumé, le désir connu pendant la phase amoureuse ne s'appuie pas sur notre capacité naturelle au désir et au plaisir mais sur une dynamique de manque. Ce manque, en la présence répétitive de l'autre, finit par s'évaporer ! Mais lorsque le sentiment de manque disparaît, que reste-t-il aux amants ?
L'ordinaire et la banalité ! Dans l'ordinaire, libérés de la biologie de l'amour, nous voici de nouveau confrontés à notre vrai soi ! Car la phase amoureuse n'est autre qu'une parenthèse dans notre quotidien. C'est dans l'ordinaire que nous sommes en mesure de voir notre capacité à être réellement en relation avec un autre ! C'est dans la banalité que notre vrai soi se révèle ! Et dans la banalité, comme l'écrit Alberoni, «  la sexualité ordinaire est proche des besoins », elle n'est plus celle de l'extase. Avec le sentiment de satiété, l'Autre devient banal. Cependant l'usure de l'attrait sexuel n'est pas synonyme d'usure des sentiments !

Les freins à la sexualité

Si le désir sexuel, lors de l'amour naissant, est extraordinaire, il n'empêche que les amants peuvent tout de même connaître une sexualité ordinaire tout à fait satisfaisante. Mais quels sont les empêchements à cet épanouissement ?
Nous définissons souvent, à tort, la libido comme l'expression de notre désir sexuel. Or la libido est beaucoup plus large que cela. Elle est l'énergie vitale. Notre libido est tout simplement notre désir et notre joie de vivre. Elle est notre façon de jouer la vie !
Notre libido sexuelle est donc à l'image de la joie que nous éprouvons à être avec l'Autre. Sommes-nous capables de nous abandonner à cet Autre ? Sommes-nous animés par un sentiment de confiance à ses côtés ? L'hostilité occupe-t-elle une place dans nos rapports ? Nous autorisons-nous à vivre les plaisirs de la vie ? Toutes les réponses à ces questions auront une incidence sur notre désir sexuel. Car si pendant la phase amoureuse, le désir sexuel est naturellement abondant et fondé sur le manque, la sexualité ordinaire ne peut s'appuyer que sur notre désir de jouer les plaisirs de la vie ! Or, l'ordinaire nous confronte à nos résistances et aux rapports relationnels que nous sommes enclines à mettre en place dans notre intimité. À l'exemple de ces personnes dont les besoins infantiles ont encore beaucoup trop à dire. Et dans une relation infantile, sexe et amour n'ont jamais fait bon ménage. L'épanouissement du désir sexuel dans l'ordinaire s'appuie avant tout sur une maturité émotionnelle et affective. Et le corps est souvent le théâtre où se jouent des enjeux psychologiques. La sexualité est autant une histoire d'éducation que le résultat de son histoire personnelle. Comme l'écrit le psychiatre Philippe Brenot dans son livre «Le sexe et l'amour », « le jeu de l'amour nécessite une grande liberté des comportements, une absence de contraintes et de jugements, et surtout, une libération des tabous et des idées fausses. »

Si la sexualité est une parenthèse dans le quotidien des amants, elle est aussi un moment qui permet aux deux amants de se rapprocher et d'évacuer les tensions de la vie quotidienne. Cependant la sexualité ne souffre aucune précipitation ou contrainte. Elle ne doit pas être animée de règle, mais juste une acceptation du désir qui émerge, dans le respect du désir du partenaire. « La sexualité ne veut pas dire coït, ni simplement pénétration. La sexualité est faite d'amour, de tendresse et d'érotisme entre deux êtres. »

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