L'érection féminine

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Par Anne Marie

L'érection féminine - Sexualité - la femme et l'amour

Phénomène méconnu autant des femmes que des hommes, l'érection féminine existe pourtant autant que l'érection masculine. Pendant longtemps, la femme s'est vue affublée d'un soi-disant « complexe de castration ». Considéré comme châtré, le sexe féminin se voulait faible, passif. En bref, il se décrivait surtout par... son absence.
L'érection féminine ne signifie pas pour autant que la femme est dotée d'un phallus. Mais si l'homme est pourvu d'un pénis qui se doit d'être en érection pour parvenir à la pénétration sexuelle, la femme est pourvue d'un vagin qui se doit, lui aussi, d'être en érection pour accueillir cette même pénétration.
Cependant, si l'érection féminine et l'érection masculine sont, tous deux, la condition nécessaire à l'acte sexuel et correspondent à la phase d'excitation sexuelle, elles comportent tout de même des différences notables, notamment sur le temps nécessaire pour parvenir à une érection satisfaisante.

Physiologie de l'érection féminine

À l'image d'un pénis, le vagin, au repos, est mou, ratatiné sur lui et ses parois sont resserrées l'une contre l'autre. Comme un pénis au repos, il ne mesure que 7 à 8 cm de long. À la différence près, que cet organe au repos, contrairement à l'homme, ne se voit pas. En érection non plus d'ailleurs !
L'érection féminine suit un processus progressif, très bien expliqué par le sexologue Philippe Brenot dans son livre « Le Sexe et l'Amour », véritable petit traité d'éducation sexuelle.
La première réaction, sous l'effet d'une stimulation érotique satisfaisante, est la lubrification des parois vaginales. Tout comme l'homme, les parties génitales féminines comportent des corps caverneux qui vont se gorger de sang. S'ensuit une dilatation des tissus alentours.
« Le vagin commence alors à s'allonger et à s'épaissir. Les parois « transpirent » un liquide de lubrification et sont animés de mouvements d'extension tandis que le col de l'utérus s'élève en ménageant un espace à l'intérieur du vagin prêt à accueillir un sexe masculin, quelle que soit la taille. »
Une fois cette progression érectile achevée, le vagin mesure 11 à 12 cm et peut se dilater encore en largeur. Les parois vaginales sont ainsi capables de se mouler selon la taille et la forme de ce qui va pénétrer à l'intérieur. Le vagin est alors en érection, fin prêt à l'acte sexuel.

Un temps d'excitabilité sexuelle plus long

Si l'homme peut accéder à une érection en quelques minutes, il n'en va pas de même pour la femme. Dans son livre « Le Sexe et l'Amour », le psychiatre et sexologue Philippe Brenot nous explique les temps moyens pour parvenir à une érection permettant l'acte sexuel. Rappelons que cette phase érectile correspond à la phase d'excitation sexuelle. Ce qui expliquerait l'idée selon laquelle la femme aime les préliminaires. Ce n'est pas tant qu'elle aime ces préliminaires, c'est surtout qu'ils font partie intégrante de cette fameuse phase d'excitation sexuelle.
Si l'acte sexuel est partagé, il est important de prendre en compte les rythmes propres de progression de cette phase d'excitation sexuelle. Ainsi si seulement 5 à 10 secondes pour un sujet masculin jeune sont nécessaires pour cette dite progression, contre 15 à 20 minutes chez un sujet masculin plus âgé, il ne faudra pas moins de 15 à 20 minutes pour des femmes très excitables, de 30 à 60 minutes pour d'autres. Cette période de progression de l'excitation sexuelle peut atteindre parfois plusieurs jours, voire plusieurs semaines pour d'autres. Selon P. Brenot, ces périodes interminables peuvent être dues à une méconnaissance d'elles-mêmes, un refus d'abandon, ou encore dues à quelques dispositions psychologiques envers le partenaire (sadisme, relation de pouvoir, etc.). Le stress de la vie quotidienne n'est pas à négliger non plus. Il est d'ailleurs courant que les vacances représentent souvent une période propice à l'intimité sexuelle. Ce qui est dommage car les ébats sexuels sont de puissants relaxants, dû à la quantité d'endorphines produite pendant l'acte.
Selon Brenot, il est primordial de ne pas faire l'impasse sur cette différence de temps dans les phases d'excitations. C'est « le temps de préparation qui permet l'érotisation de la relation ». Si l'érection est suffisante pour la femme, il n'y a aucun risque de douleur, de tension ou de déchirure. Cette spécificité expliquerait la difficulté pour les couples de parvenir à synchroniser leur plaisir, leur jouissance. Alors, comme l'écrit Brenot, « Moralité : pas d'accouplement sans érections mutuelles complètes ! ».

La sexualité féminine : une passivité acquise

Il est clair que d’énoncer que la sexualité féminine est aussi active que celle de l'homme est comme jeter un pavé dans la mare. Il met à mal la croyance millénaire selon laquelle il suffisait à la femme d'écarter les cuisses pour être prête à l'acte sexuel.
Longtemps la sexualité fut réduite à sa fonction reproductrice. Le plaisir sexuel lui, n'était que l'expression de la débauche, la jouissance de pervers polymorphes. En témoigne le nombre d'individus encore aujourd'hui qui ne s'accordent pas le droit au plaisir ! La sexualité féminine, quant à elle, était considérée comme passive. Il suffisait que l'homme désire pour que la femme dispose. La femme était réduite à être objet de convoitise, de désir. Peut-être par pudibonderie, par domination machiste, toujours est-il que la sexualité féminine est restée, pendant de longs siècles, assujettie à celle de l'homme. C'est très récemment que des recherches scientifiques ont commencé à être menées dans ce domaine. Malgré cela, et devant sa complexité, la sexualité féminine reste encore entourée d'importantes zones d'ombre.

Aujourd'hui, fort heureusement, la femme a son mot à dire en matière de sexualité. Son plaisir, son épanouissement sexuel ont acquis le droit de citer. La société hédoniste dans laquelle nous vivons tend même à ériger l'orgasme en obligation. Peut-être car, après tant d'années de silence, d'obligations et de contraintes, la jouissance féminine doit passer par son extrême pour trouver un juste milieu. Toujours est-il qu'aujourd'hui la sexualité féminine a gagné le droit à sa différence. Et ces particularités sont à prendre en compte par les deux protagonistes du couple, s'ils veulent avoir une chance de connaître une sexualité épanouissante. Pour y accéder, il est donc nécessaire d'arriver à une compréhension mutuelle des fonctionnements sexuels de chacun.

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