Rupture amoureuse : notre cerveau est câblé pour passer à autre chose !

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Par Anne Marie

Rupture amoureuse : notre cerveau est câblé pour passer à autre chose ! - Couple - Etats d'esprit

« Monogame en série », l'être humain tombe amoureux, se lie, rompt et vit une nouvelle histoire amoureuse. Mais qui dit histoires amoureuses exclusives qui se succèdent, dit également ruptures amoureuses. Si la rupture amoureuse est toujours un moment délicat à vivre, le sentiment de déprime, qui peut nous submerger lors d'une séparation, ne serait qu'une impression passagère qui finira par s'estomper avec le temps. Notre cerveau serait en effet câblé, non seulement pour nous aider à traverser les moments tumultueux de la vie, mais aussi pour passer à autre chose.

La rupture amoureuse est inhérente à la condition humaine

Selon les auteurs de cette recherche, la capacité à interrompre une relation intime serait une des conséquences positives de l'évolution humaine. Aussi difficile à vivre qu'elle soit, la rupture amoureuse permettrait à chacun de partir vers d'autres partenaires potentiels et d'augmenter ainsi ses chances de se reproduire et d'évoluer.
Si le cerveau est câblé pour tomber amoureux, estiment les auteurs, il serait normal qu'il soit aussi câblé pour la rupture. C'est en partant de cette hypothèse de travail que Boutwell, de l'université de Saint-Louis, et ses collègues se sont intéressés à l'existence de processus mentaux propres à la rupture amoureuse.
Mais pourquoi rompons-nous ? Si les raisons peuvent être multiples et attachées à des raisons purement individuelles, les auteurs ont cherché à savoir s'il existait des raisons naturelles à la rupture. Ils ont ainsi découvert, grâce à l'expérience menée par Shakelford et ses collègues, que les hommes et les femmes rompaient pour des raisons différentes. Ainsi, l'infidélité sexuelle de leur compagne serait, pour les hommes, une cause de rupture. Quant aux femmes, le fait de créer un lien romantique avec une autre femme les amènerait le plus sûrement à opter pour la rupture. Les hommes seraient-ils plus jaloux que les femmes ? Cette différence serait surtout à mettre sur le compte de la survie de l'espèce. Les hommes seraient câblés pour éviter d'élever les enfants d'un autre et les femmes seraient constituées pour s'appuyer sur un partenaire le plus à même de leur offrir une sécurité familiale. En d'autres mots, il existerait des causes à la rupture qui seraient préprogrammées pour assurer sa survie et celle de sa progéniture.
Bien sûr, la complexité humaine ne se réduit pas à la génétique et, l'environnement et l'histoire de chacun peuvent influer ce processus mental naturel et pousser une personne à demeurer dans une relation malgré les menaces qu'elle représente (telles les situations de violences conjugales ou d'adultère à répétition). Mais l'hypothèse de rupture amoureuse imputable à des facteurs génétiques étant posée, les chercheurs se sont intéressés à l'existence d'un processus mental facilitant le sevrage amoureux.

Le cerveau est câblé pour tomber amoureux et passer à autre chose en cas de rejet !

De nombreuses études en neurologie ont pu prouver l'existence de processus mentaux favorisant la relation amoureuse. Les études de Fisher (2006) ont ainsi montré que le cerveau était façonné par l'évolution pour former de profondes connexions amoureuses avec un autre humain. La neurologie de l'état amoureux a révélé qu'un cerveau amoureux présentait les mêmes caractéristiques que le cerveau d'un cocaïnomane lorsqu'il prenait sa dose. Dans ces deux cas, les zones de plaisir sont stimulées de la même manière. Ce qui explique pourquoi le besoin de sentir la présence de l'autre est aussi prenant en début de relation amoureuse et est souvent comparé au phénomène d'addiction.
Dans cette perspective, vivre une rupture serait donc aussi difficile et douloureux que pour un dépendant de s'abstenir de prendre sa substance. La rupture amoureuse s’apparenterait, en ce sens, à un sevrage. Ce qui expliquerait le besoin irrépressible, pour certains, de rechercher le contact avec son ancien partenaire.
Si l'état d'un amoureux éconduit peut être comparé à celui d'un individu en manque, il convient de s'intéresser à ce qui se passe dans le cerveau d'un cocaïnomane lorsqu'il arrête de prendre sa drogue. C'est en tout cas, ce qu'en ont conclu les instigateurs de cette recherche.
Si pendant les premiers temps, les circuits de récompense sont toujours sollicités, entraînant le désir de recommencer, tout comme l'amoureux éconduit éprouve le désir de rentrer en contact avec son ancien partenaire, les études menées grâce à l'imagerie cérébrale montrent que ces circuits de récompense s'épuisent naturellement et que d'autres parties du cerveau sont sollicitées. « Ça suppose que les gens s'en remettent. La douleur partira avec le temps, qu'il y a une lumière au bout du tunnel. », explique le professeur Boutwell.
Et c'est Bechara qui apporte un début d'explication sur ce processus, grâce à ses études menées auprès de femmes et d'hommes traversant une rupture amoureuse. Il a pu observer qu'une fois rejeté et surtout compris que la poursuite de cet ancien partenaire était sans issue, le cerveau enclenche naturellement un processus de détachement.
Le cerveau va favoriser le choix le plus avantageux pour l'individu et va réinvestir un système de récompense qui va dans ce sens. Il va se mettre en place un processus d'apprentissage d'abandon du partenaire. Il faudra alors quelques semaines, voire quelques mois, pour que ce processus devienne effectif et que nous soyons de capables de passer à autre chose.
Bien sûr, si cela correspond à un processus naturel, ce délai est ensuite à rapprocher de son histoire et environnement personnel, qui influencent à leur tour notre capacité à rompre. Car, comme le souligne le psychologue Moussa Nabati, certains événements survenus à l'âge adulte peuvent être une grande source de souffrance, car ils ont réveillé de vieilles blessures mal cicatrisées. En résumé, s'il est tout à fait normal de connaître un état de déprime suite à une rupture et qu'il n'y a aucun lieu de s'en alarmer, si la douleur persiste après plusieurs mois, il peut s'avérer intéressant de se demander si cet événement n'est pas allé toucher une blessure beaucoup plus ancienne et toujours béante.

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