Sortir de la dépendance affective

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Par Anne Marie

Sortir de la dépendance affective - problème de couple - La femme et l'amour

La dépendance affective est certainement l'un des principaux freins à l'épanouissement personnel. Vision de soi biaisée, certitude de ne pas pouvoir s'en sortir seule, sentiment d'incompétence, etc., tous ces maux sont les fardeaux des personnes souffrant de dépendance affective.
Les conséquences de la dépendance affective ne sont pas des moindres. Non seulement la dépendance affective interdit toute liberté mais surtout, la personne, qui en est atteinte, se retrouve très souvent à vivre des relations aliénantes. Aliénantes, car de l'Autre dépend le sentiment d'être aimable et de valeur personnelle.
Alors comment sortir de cette prison affective ? S'il est important d'apprendre à pratiquer l'auto-compassion et à devenir un meilleur parent pour soi, il est nécessaire, dans un premier temps, de prendre conscience des fausses croyances qui nous habitent et de les remettre en cause. Pour sortir de la dépendance affective, il est essentiel de réaliser que la façon dont nous nous percevons et dont nous percevons la vie, n'est pas toujours très juste.

Remettre en cause ses croyances

Comme l'explique la psychothérapeute Sylvie Tenenbaum dans son livre « Vaincre la dépendance affective », les croyances sont « des paysages intérieurs, qui conditionnent nos pensées, nos émotions et nos comportements. »
Bien que nous croyions posséder un libre arbitre, ce dernier est, en fait, totalement assujetti à nos croyances. Elles sont les filtres au travers desquels nous percevons la vie ! Ainsi, si nous avons le sentiment d'être indigne d'amour, cette croyance nous guidera aussi bien dans nos choix amoureux que dans nos choix de vie, sans même que nous en ayons conscience.
Et il en va de même pour toutes les croyances que nous cultivons sur la vie et sur nous-mêmes. « Je suis aimée parce que je suis gentille ! », « La vie ne vaut pas la peine d'être vécue seule ! », ou bien encore « Je ne peux pas faire le travail que j'aime car le besoin de sécurité est plus important que le reste ! ». Ensuite, nous passons notre vie à vérifier que nous avons bien raison de penser ainsi ! Il est d'ailleurs courant que ces croyances finissent par être érigées en vérités universelles !
Dans un premier temps, un petit tour de ses croyances est nécessaire. Croyons-nous qu'il faille payer un prix pour être aimé(e) ? Quelle perception ai-je de moi-même ? Est-ce que l'abondance est une chose pour moi ? Puis-je réussir par moi-même ? Quelles sont mes croyances sur moi-même, le couple et la vie ? Mais, tout d'abord,d'où viennent ces croyances ?
Nous sommes conditionnées par notre enfance, nos parents et la société qui nous entoure. Si nous apprenons la vie et les émotions par imitation, notre besoin de faire du sens avec ce que l'on vit donne lieu à des interprétations qui tiendront ensuite place de croyances. Comme l'écrit le psychiatre Boris Cyrulnik, « La grille familiale facilite et gouverne le développement de l'enfant. Cette grille le guide, lui donne du sens, le contraint et l'ampute en le modelant. »
La dépendance affective prend ses racines dans l'enfance. Les adultes souffrant de dépendance affective sont tous d'anciens enfants que l'on a empêchés de s'aimer, d'une façon ou d'une autre, et dont le développement vers l'autonomie a été entravé. Si l'on pense souvent à la maltraitance, il ne faut pas oublier la surprotection dont peuvent faire preuve certains parents. Comme le dit Cyrulnik, « trop d'amour tue l'amour ! ». Alors que le but de ces parents surprotecteurs semblerait plutôt louable ( protéger leur enfant de l'adversité inhérente à la vie !), l'enfant finit par croire qu'il a besoin d'un autre pour affronter les difficultés de la vie, car selon lui, il n'a pas la capacité de le faire seul. Il est donc essentiel pour sortir de la dépendance affective de partir à la reconstruction de l'estime de soi, d'apprendre à avoir confiance en ses potentialités et ses ressources.

Pratiquer l'auto-compassion

Pratiquer l'auto-compassion, comme l'explique la psychothérapeute Sylvie Tenenbaum, c'est prendre conscience, dans un premier temps, que ce n'est pas soi le problème mais un soi avec un problème. Car souvent, commencer par mettre de la distance, entre soi et la difficulté à traiter, permet une meilleure résolution du problème.
Pratiquer l'auto-compassion, c'est devenir notre propre pourvoyeur de soins, comme un bon parent saurait l'être. Comme l'écrit Tenenbaum, c'est « apprendre à mettre son savoir-faire pour autrui à son service. » C'est aussi s'autoriser les émotions, d'arrêter de faire semblant pour plaire à l'autre. L'auto-compassion, c'est se respecter ! C'est cultiver un égoïsme sain. Car le bonheur est entre nos mains. L'Autre ne fait qu'y contribuer !
Chez les personnes souffrant de dépendance affective, leur centre, plutôt que d'être placé en elles, se trouve placé en l'Autre. En faisant de l'Autre, ou plutôt du besoin de l'Autre, le centre de leurs préoccupations, les personnes atteintes de dépendance affective oublient que chacun est responsable de la vie qu'il mène. Il est primordial de replacer ce centre en soi, de se sentir responsable de soi et non des autres, responsable de la construction de sa vie, de ses comportements et de ses choix. En résumé, il importe de développer sa responsabilité individuelle et de mettre en sourdine sa responsabilité envers les autres ( sans oublier le savoir-vivre !).
Enfermées dans de fausses croyances, les personnes souffrant de dépendance affective sont le plus souvent dans le déni de leurs propres richesses. Persuadées de n'avoir que peu de valeur et qu'elles ne sauraient pas s'en sortir seules, elles s'évertuent à chercher chez l'Autre l'approbation et l'amour qu'elles sont incapables de se donner. Ces besoins d'amour et de reconnaissance sont tels qu'elles en oublient leurs propres désirs et se placent dans des rapports aliénants à l'autre. Attitude qui se révélera stérile puisque leurs besoins ne seront jamais satisfaits. En effet, leurs croyances viendront de nouveau les convaincre qu'elles n'en valent pas la peine ! Dans la dépendance affective, l'autre devient le pourvoyeur d'une affection qu'elles s'interdisent à elles-mêmes. C'est le besoin d'être aimées qui les lie à l'Autre, non un amour véritable. Il est essentiel que les personnes souffrant de dépendance affective prennent conscience que, dans ces rapports, l'Autre n'est qu'une prothèse à l'amour.

Il est important de prendre conscience que c'est à soi de changer ses croyances. Non de chercher un Autre qui saurait nous donner l'affection qui a tant manqué, un Autre qui saurait nous percevoir pleines de valeurs à notre place. Il est nécessaire de briser ce cercle vicieux du besoin boulimique d'un autre qui ne ferait qu'entretenir cette vaine aliénation. Si nous sommes porteuses de nos problèmes, nous détenons aussi les solutions!
L'amour ne se monnaie pas. Il est un mouvement de soi vers l'autre. L'amour ne peut être donné que s'il est d'abord présent chez soi. On ne peut aimer que si l'on s'aime soi-même. Alors, plutôt que le chercher chez l'Autre, il est nécessaire d'apprendre peu à peu à s'accorder cet amour tant recherché !

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Commentaires

Commentaire: 
Difficile de se construire lorsque le socle nécessaire à se faire vient à manquer. Alors on se trouve une béquille et l'on nomme ce besoin irrépressible de l'autre "Amour".... C'est plus facile que de s'avouer que seul le besoin, l'habitude, l'impuissance et l'incapacité à être sont les seules choses qui nous font rester aux côtés de l'autre...