Les 5 styles de conjugalité

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Par Anne Marie

Les 5 styles de conjugalité - le couple - etats d'esprit

Lorsqu'une équipe de sociologues, spécialistes reconnus pour leurs recherches sur le couple et la famille, se penchent sur la vie en couple, ils en viennent à dégager cinq styles de conjugalité. Chacun d'entre eux avec des types d'interactions spécifiques. Car à chaque couple qui se forme, un style d'intimité se dessine, les rôles et les pouvoirs se répartissent selon un modèle bien défini. À chacun son mythe et ses rites.
Si les uns choisissent de tout vivre ensemble et d'effacer leur individualité au profit de l'entité couple, d'autres veillent à conserver leur autonomie et leur singularité. Si les uns recherchent la sécurité, la stabilité à travers une organisation routinière, d'autres font de leurs différences la richesse de leur vie conjugale. Si certains couples sont ouverts sur l'extérieur et l'utilisent pour enrichir leur vie quotidienne à deux, d'autres préfèrent cultiver le rapport fusionnel où rien d'autre n'existe en dehors de leur cocon. Comme l'écrivent ces sociologues dans leur livre « Mesure et démesure du couple », « On peut parler – très positivement – de bricolage conjugal ».

Le couple « bastion »

Le couple « bastion » se caractérise par son style fusionnel, où l'accent est porté sur la similitude des goûts et des opinions. La frontière entre les individualités est gommée au profit de la ressemblance comme mode de cohésion. Les « je » s'efface sans difficulté devant les « nous-couple ». D'ailleurs, l'autonomie n'est revendiquée par aucun des partenaires. Solidarité, stabilité et sécurité sont les maîtres mots du couple. En cas de désaccord, le consensus est nettement préféré au conflit.
Dans le couple « bastion » existe tout de même une forte asymétrie, notamment sur les modes de fonctionnement. Le rôle de « statut-maître », comme le nomment les sociologues, est fortement affirmé. Dans ce type de couple, les rôles sont clairement définis. La femme du couple « bastion », souvent plus désireuse que l'homme d'une relation fusionnelle, prend en charge la majorité des tâches et des responsabilités ménagères et éducatives. Motivée essentiellement par les finalités internes de la relation (tendresse, sécurité, distraction), la femme octroie une place peu importante au monde extérieur (amis, famille, informations...) car celui-ci est considéré comme moins nécessaire pour son équilibre de vie. L'homme du couple « bastion » se voit affublé du rôle d'ambassadeur du couple. Rôle qu'il occupe sans grand mal, car contrairement à sa compagne, il accorde certaines priorités aux objectifs externes au couple.
Le couple « bastion » se distingue aussi par son aspect routinier, caractéristique beaucoup plus marqué que dans les autres styles de conjugalité. Cet aspect routinier s'exprime autant dans le domaine des mœurs, que dans l'espace (habitudes des lieux) et le temps.


Le couple « compagnonnage »

À l'instar du couple « bastion », le couple « compagnonnage » est assez marqué par son côté fusionnel. Vivre et faire ensemble serait les mots d'ordre de ce type de couple. S'ils ont le soucis des goûts semblables, des idéaux communs et des activités partagées, contrairement au couple « bastion », le couple « compagnonnage » demeure ouvert sur le monde extérieur. Ce type de couple se construit d'ailleurs autour de l'utilisation des ressources extérieures (famille, amis), qu'il utilise pour enrichir leur vie conjugale. Si les valeurs telles que le soutien et la sécurité demeurent importantes, ce couple accorde une importance à l'intégration socioprofessionnelle. Grâce à cette ouverture sur l'extérieur, l'aspect routinier se fait plus faible.
Si l'individualité des protagonistes du couple « compagnonnage » s'estompe légèrement au profit du bien commun, les rôles, tant fonctionnels sur la répartition des tâches et des responsabilités que relationnels, sont peu différenciés. Le « statut-maître » n'y a d'ailleurs pas sa place. Toutes les décisions sont prises en commun. Les notions de partage et d'égalitarisme sont d'ailleurs plus prononcées dans les couples de type « compagnonnage » que dans tout autre type.


Le couple « cocon »

Si le couple « cocon » affiche une attirance très nette pour une relation fusionnelle, contrairement au couple « bastion », ce côté est plus marqué chez l'homme que chez la femme. Ce type de couple s'organise autour de notions comme le confort, la tendresse, le soutien et la détente. Cet aspect est plus marqué dans le couple « cocon » que dans tout autre type de couple.
Dans le couple « cocon », l'accent est avant mis mis sur la ressemblance des goûts et des croyances, les activités et les espaces communs sont par conséquent fortement prisés. Dans ce type de conjugalité, les frontières avec le monde extérieur sont très distinctement marquées. La chaleur du foyer est préférée au stress du monde extérieur et à l'ambition sociale. Ce qui a pour conséquence un très faible intérêt pour les actualités et des attitudes très casanières. Si les relations amicales sont stables, il y a peu de nouveautés, peu de rencontres et d'ouverture sur l'extérieur. S'ensuit un aspect routinier très prononcé.
C'est dans le couple « cocon » que le « statut-maître » se montre le moins prononcé. Les rôles fonctionnels des tâches ménagères et éducatives, ainsi que le pouvoir de décision, sont très peu hiérarchisés. Au contraire, on assiste à une vraie symétrie de la répartition des tâches. Les valeurs de partage et de consensus y sont cultivées.


Le couple « association »

Contrairement aux autres types de conjugalité, le couple « association » privilégie l'autonomie et la singularité de chacun plutôt que la fusion. Le couple « association » préfère affirmer ses différences plutôt que ses similitudes. Il tire d'ailleurs la richesse de sa vie conjugale de ces différences. La vie quotidienne est marquée des activités, des goûts et des opinions de chacun. Les échanges sont portés par la communication et la négociation plus que par les consensus.
Le couple « association » est stimulé par les contacts et les défis. Très ouverts sur l'extérieur, les protagonistes de ce type de conjugalité sortent, voyagent, se tiennent dans l'air du temps et l'actualité. Toutes ses incursions à l'extérieur servent ensuite à enrichir leur relation.
Ce type de conjugalité est peu compatible avec une forte différenciation des rôles fonctionnels et relationnels. Contrairement aux autres types de conjugalité, la relation est plus perçue comme un échange qu'un partage. De ce choix de conjugalité en découle une faible routine dans le quotidien, où innovations, improvisations et remises en cause des schémas sont nettement préférées et cultivées.


Le couple « parallèle »

D'après les sociologues à l'origine de cette étude, le couple « parallèle » est le plus étranger aux stéréotypes conjugaux modernes. Ni fusionnels ni associatifs, les partenaires, formant ces couples, semblent vivre dans deux mondes séparés. Si leurs goûts respectifs sont différents plus souvent qu'ailleurs, les partenaires se ressemblent et se rassemblent par la distance qu'ils cultivent par rapport à l'autre. Malgré tout, le couple « parallèle » vit dans un monde casanier où les frontières avec l'extérieur sont profondément marquées et rigides.
Le couple « parallèle » se caractérise par une grande asymétrie des rôles et une routine assez marquée, beaucoup plus que dans les autres types de conjugalité.

Ainsi, l'homme attend de son ménage appui, tendresse et réconfort pour exercer sa profession, la femme est, quant à elle, entièrement tournée vers sa vie de femme au foyer, où la sécurité est privilégiée sur l'ouverture au monde. Il va sans dire que le « statut-maître » est fortement présent dans cette organisation conjugale. Cette asymétrie est aussi présente dans la sphère relationnelle, où l'un a l'initiative et les informations parvenues du monde extérieur, et où l'autre « tempère les orages familiaux et conjugaux, soutient et console. »

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