L'amour inconditionnel

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Par Anne Marie

l'amour inconditionnel - amour - la femme et l'amour

L'amour inconditionnel ! Que de louanges lui sont adressées ! L'amour inconditionnel est prôné, sollicité dans son rapport à l'autre. Malheureusement, au fil du temps, dû à une vulgarisation de son concept demeuré incompris, l'amour inconditionnel en a perdu son sens. Galvaudé, il est devenu malgré tout l'image de l'amour absolu. Car s'il est un rapport idéalisé à l'autre, l'amour inconditionnel, selon le psychologue Garneau, suppose avant tout, par ce qu'il est, une inégalité de rapport.

Une acceptation inconditionnelle

Si l'on part du principe que l'amour est une émotion qui repose sur l'idée de satisfaction de besoins personnels, l'amour inconditionnel, comme il est compris aujourd'hui, relève du rapport à l'autre, du lien à l'autre. Il conviendrait donc de le nommer acceptation inconditionnelle. Bien qu'heureusement beaucoup d'entre nous éprouvent une réelle satisfaction à chérir un autre !
Mais d'où vient cette idée d'amour inconditionnel ?
L'amour inconditionnel a pendant longtemps été au service de la spiritualité. Du temps des grecs, on appelait cet amour inconditionnel Agape. Il s'agissait du lien qui unissait Dieu aux hommes. L'idée d'une acceptation de tout être humain, quel qu’il soit, indépendamment de sa valeur, de ses actes, de ses pensées.
C'est Carl Rogers, psychologue américain, qui remettra ce concept au goût du jour, en stipulant de sa nécessité dans le rapport du thérapeute envers son patient. Une « acceptation, une considération positive inconditionnelle ». Ainsi, l'acceptation inconditionnelle suppose de celui qui l'applique respect, bienveillance, écoute, empathie envers son patient.
Mais ce qui est passé aux oubliettes de la compréhension générale, c'est que ce rapport d'acceptation inconditionnelle de l'autre conçoit une position inégalitaire entre les deux personnes.

Un rapport inégalitaire


Pourquoi inégalitaire ? Car cette acceptation inconditionnelle prend place dans un échange entre des entités, humaines ou divines, qui ne se placent pas sur un pied d'égalité.
Ainsi les entités spirituelles ne sont pas au même niveau que peut l'être l'humanité. Le thérapeute accueille, traite les blessures infantiles de son patient sans jugement, car c'est son travail de le faire. Il est d'ailleurs payé pour cela. Et l'acceptation inconditionnelle du patient offre à ce dernier de plus grandes chances de guérison.
On peut retrouver aussi ce rapport entre le professeur et son élève. Le professeur détient des connaissances qu'il promulgue à ses élèves. Il est celui qui sait. Ses élèves sont ceux qui apprennent. Mais ce rôle se limite à l'école.
Qu'ont donc tous ces rapports en commun ? Aucun n'envisage une réciprocité.
Aucune entité spirituelle n'exige qu'on lui accorde sa foi. Aucun thérapeute n'attend que son patient lui promulgue à son tour des séances de thérapie. Aucun professeur n'attend de recevoir une leçon sur la matière qu'il enseigne de la part de ses élèves.
Ce qui est loin d'être le cas des rapports humains que nous entretenons tous les jours avec notre entourage, qui eux se doivent d'être mis sur un pied d'égalité. Nous avons toutes et tous le désir de voir nos besoins fondamentaux satisfaits. Nous sommes dans des réciprocités de rapport, qu'on le veuille ou non.
Alors pourquoi l'amour inconditionnel est autant plébiscité ?
Car derrière cette acceptation inconditionnelle se cache une croyance infantile que l'autre est là pour répondre à nos besoins de façon inconditionnelle. Il évite la prise de responsabilité de nos propres besoins, de grandir, de se prendre en charge.
Alors l'amour inconditionnel est exigé de l'autre, car seul cet amour est parfait, idéal, absolu ! Et nous maintient dans des rapports infantiles. Cet amour est-il donc souhaitable dans un rapport de couple ? Est-il une preuve ou un manque d'amour ?

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