Une vie par défaut

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Par Anne Marie

Être seule, une vie par défaut - célibat - la femme et l'amour

Pour beaucoup de femmes seules, être seule est synonyme de souffrance, d'attente. Causée par une idéalisation du grand amour, cette attente du prince charmant finit par devenir une fuite en avant, quitte à virer parfois à l'obsession.
Car le présent, n'offrant qu'une identité amputée, n'a plus de sens.

Être seule et l'idéalisation de l'amour

Quand le face à face à soi-même devient insupportable, parce que l'attente est trop longue, parce que l'image que l'on se renvoie ne nous convient pas, parce que les manques sont trop grands, il nous reste alors le rêve.
Le rêve qu'un jour notre prince viendra, sur son cheval blanc, nous arracher à la maladie qui frappe beaucoup de femmes seules : la solitude. Le prince charmant devient alors la seule solution possible, le seul antidote à ce mal de vivre.
Le rêve permet l'espoir. Le remède existe et il a un visage, celui de la belle histoire d'amour qui reste nécessairement encore à venir. L'amour devient idéalisé. Il devient grand, au risque que personne ne puisse tenir ce rôle et fasse perdurer le célibat. Le rêve que cet amour viendra développe la position d'attente, supportée par la joie déjà présente à la pensée de cette rencontre.
La dure réalité du quotidien devient plus supportable. Le rêve prend ainsi la forme d'une fuite en avant.

Une vie où le présent s'efface

L'attente met le présent entre parenthèses. L'attente que cet amour viendra, condamne la vie conjuguée au présent. Seul le futur imaginé offre une vie possible.
Être seule est sans substance, sans saveur. Il devient difficile de faire du sens avec sa vie présente. Alors le rêve d'un avenir meilleur, l'attente de ce futur, prennent toute leur place, jusqu'à parfois tourner à l'obsession. Cette attente constante paralyse et plonge la femme seule à connaître les abîmes de la solitude. Pour oublier cette vie rêvée et lutter contre les affres de la solitude, les habitudes se mettent en place, le temps qui passe est sagement étudié. Les fixations peuvent aussi voir le jour. Télévision, médicaments, tâches ménagères, etc...
Pourquoi fuir le présent ? Car ce présent ne procure qu'une identité par défaut. On ne sait exister sans l'autre. Lorsque le vide de l'amour se fait sentir, on se prend à fantasmer sur cette vie de couple, garantissant un anonymat normatif et confortable. Une possibilité enfin de vivre une vie qui en vaut la peine.

L'autonomie, la prise en main de sa responsabilité individuelle paraissent impossibles. Souvent, la perception de soi, l'insécurité interne ne permettent pas à la femme seule d'affronter les défis que la vie de célibataire apporte.
Malheureusement aussi, parfois, la vie se perçoit comme offrant seulement deux possibilités : soit être seule, soit être à deux. Comme si faire le choix de soi-même allait fermer définitivement les portes d'une vie à deux possible.

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