Mariage, enfant, argent, sont-ils vraiment la recette du bonheur ?

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Par Anne Marie

Mariage, enfant, argent, sont-ils vraiment la recette du bonheur ? - la relation - Etats d'esprit

Se marier, avoir des enfants et gagner de l'argent seraient, d'après les croyances populaires, les moyens les plus sûrs d'atteindre le bonheur. Mais est-ce vraiment le cas ? Daniel Gilbert, professeur de psychologie à l'Université d'Harvard, a passé au crible ces trois ingrédients et les a confrontés à la littérature scientifique relevant des domaines de l'économie, de la psychologie et des neurosciences pour vérifier la véracité de ces croyances. Conclusion ? Si le mariage est sans conteste une source de bonheur sur le moyen et le long terme, dépasser la naissance et le stade de la nouveauté, avoir des enfants participerait à la baisse de notre indice de bonheur de façon générale. Quant à l'argent, si celui-ci ne fait pas le bonheur selon les croyances populaires, il y contribue largement.

Le mariage

Meilleure santé, espérance de vie plus longue, plus de rapports sexuels, toutes les études le prouvent, les personnes mariées seraient plus heureuses que celles non mariées. Bien sûr, la qualité de la relation de couple est à mettre en relation avec l'indice de bonheur. Mais, en moyenne, estime Daniel Gilbert, le mariage « vous rend plus heureux pour huit à quinze ans. Ce qui rend l'investissement dans une vie de couple intéressant. » Et ce, malgré la baisse inéluctable du sentiment de félicité connu par tous les jeunes couples.
Bien sûr, les mauvais mariages existent et rester dedans participe grandement aux malheurs des gens. Mais, comme le dit l'auteur de cette étude, les personnes malheureuses en couple « connaissent un indice de bonheur beaucoup plus élevé que la moyenne lorsqu'elles divorcent ».

Gagner de l'argent

Bien que la majorité des individus aime cultiver l'idée selon laquelle l'argent ne fait pas le bonheur, qu'ils chérissent volontiers l'idée selon laquelle le bonheur ne s'achète pas (l'amour, l'amitié, la joie, la santé), l'argent participe grandement à l'indice de bonheur.
Cependant, pondère Daniel Gilbert, « si peu d'argent est nécessaire au bonheur, beaucoup d'argent n'en achète pas beaucoup plus ». Les études ont ainsi montré que les gens les moins heureux se trouvaient parmi les revenus les plus bas... mais aussi les plus hauts. Existerait-il une tranche de revenu idéal au bonheur ? Selon l'enquête (américaine), la fourchette de revenu idéal se situerait entre 35 000 et 60 000 euros annuels. Car si beaucoup de travailleurs rêvent volontiers de paresser pour le reste de leur vie, nombre de recherches ont prouvé que l'esprit humain était plus heureux lorsqu'il était occupé. De plus, des études ont montré que donner de l'argent apportait plus de bonheur que de le dépenser pour soi-même.

Avoir des enfants

Certainement la plus surprenante révélation de cette enquête. De tout temps, les parents ne cessent de vanter quelle source de bonheur représentent la parentalité. Cependant, Daniel Gilbert, lui-même père et grand-père, grâce à des études très bien documentées, a démontré que les couples sans enfant possédaient un indice de bonheur nettement supérieur aux couples avec enfants. Si la naissance et devenir parent sont une source de joies, une fois la nouveauté passée, l'indice de bonheur des parents tend à baisser irrémédiablement pour atteindre un niveau inférieur à celui des couples sans enfant. Et cette tendance n'est inversée qu'avec le départ des enfants de la maison familiale. Avec beaucoup d'humour, Daniel Gilbert décrit la principale caractéristique du syndrome du nid vide, se résumant essentiellement à « un sourire non stop ».
Alors pourquoi tant de personnes parlent du bonheur qu'ils éprouvent à être parents ? L'universitaire émet l'hypothèse des petits moments de joie qui font volontiers oublier les aspects ingrats de la parentalité. Mais si l'on fait la somme des ingratitudes et des joies à être parent, les données scientifiques sont irréfutables en la matière, comme le précise l'auteur, avoir des enfants fait chuter notre indice de bonheur de façon générale.

Source : Harvard Gazette

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