Et si votre bien-être au travail dépendait des compétences de votre patron ?

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Par Anne Marie

Et si votre bien-être dépendait des compétences de votre patron ? - bien-être - la femme et l'amour

C'est en tout cas ce que vient de démontrer la Cass Business School de Londres grâce à une étude menée pendant trois décennies auprès de 35 000 salariés britanniques et américains. C'est la première fois qu'une étude d'une telle envergure fut conduite. Enquête de satisfaction, cette étude pourrait remettre en cause les politiques de management pratiquées dans les grandes entreprises actuelles.
Plus que ses compétences et son leadership, ce serait la capacité de votre supérieur à faire votre travail qui serait le meilleur indice pour prédire le bien-être des salariés au travail, loin devant le salaire et le lieu de travail.

Trois critères d'influences sur le bien-être au travail

Si cette étude put prendre une telle envergure, c'est qu'elle fut menée conjointement avec les Universités du Wisconsin et de Warwick. Suite à cette enquête de satisfaction, ces équipes universitaires ont pu identifier trois critères qui seraient les meilleurs indices de prédiction du bien-être des salariés.
1 – Si le supérieur hiérarchique peut effectuer le travail du salarié.
Sur le nombre de salariés sondés, les chercheurs ont pu noter un plus grand sentiment de satisfaction lorsque, non seulement, le supérieur était capable d'intervenir techniquement dans le travail à accomplir, mais aussi à accomplir la tâche lui-même.
2 – Si le supérieur a lui-même gravi les échelons hiérarchiques, voire s'il a lui-même créé l'entreprise.
Un plus grand sentiment de satisfaction des salariés a été enregistré lorsqu'ils pouvaient eux-mêmes s'identifier à leur supérieur.
3 – Le niveau de compétences techniques du patron influe sur le bien-être des salariés.
Travailler pour un supérieur compétent a une influence « énorme » sur la satisfaction professionnelle des salariés.

Lorsque, lors de l'étude, les chercheurs ont intégré les paramètres du salaire, de l'environnement professionnel et les conditions de travail, la mesure de la satisfaction ressentie face à un patron compétent ne varie pas. La compétence du supérieur demeure le moteur clé du sentiment de bien-être des salariés. Une première dans les études menées sur le management des salariés et une occasion de revoir quelques idées reçues et pratiques sur les politiques de management.

Des politiques de management dans le collimateur

C'est un véritable coup de massue pour les politiques de management actuellement pratiquées dans de nombreuses entreprises, qui consistent à parachuter un dirigeant au sein d'une entreprise sans que celui-ci en connaisse les ressorts. Ainsi les domaines de compétences et d'expertises des dirigeants seraient à privilégier sur leurs capacités de technocrates.
Comprendre ce que les autres font serait plus important que le simple leadership. C'est d'ailleurs la nouvelle piste de recherche du Docteur Amanda Goodall de la Cass Business School de Londres. Goodall pense que les patrons sont compétents et des leaders experts lorsqu'ils « ont une profonde compréhension du travail. Ce qui signifie qu'ils savent créer un parfait environnement professionnel et savent motivés au mieux leurs équipes. »
Lorsque ces compétences ne sont pas trouvées par les salariés chez leur patron, l'enquête a révélé de forts sentiments de frustration et de confusion chez les travailleurs.
Peu de reconnaissance du travail accompli, frustrations à expliquer sans cesse en quoi consiste leur tâche, travail accompli sous-évalué, perte de temps en réunion à expliquer plutôt qu'à avancer sur les véritables enjeux de l'entreprise, l'impact du manque de connaissances techniques des patrons n'est pas sans des conséquences néfastes, non seulement en ce qui concerne le bien-être des salariés de l'entreprise, mais aussi sa bonne marche économique. Dans son étude, le Docteur Amanda Goodall avance d'ailleurs cette hypothèse pour expliquer la situation difficile que connaissent certaines entreprises. En favorisant la technocratie sur les compétences et connaissances relatives au domaine de l'entreprise, certaines grandes compagnies auraient ainsi provoqué leur propre déclin.
Ce qui soulève aussi la question des entretiens d'embauche et la nécessité pour les futurs salariés de se renseigner sur les compétences et parcours de leur futur employeur, car de cela, dépend leur futur bien-être !

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