Quand Facebook permet de s'inventer une vie que l'on n'a pas!

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Le 28 février a lieu une journée sans Facebook. Addiction au monde virtuel, prise de conscience de la place grandissante des réseaux sociaux dans nos vies, les initiateurs de cette journée sans Facebook souhaiteraient que chacun se débranche et réfléchisse à l'impact de cet univers sur sa vie. Avec plus d'un milliard d'inscrits, les promoteurs de cette journée mondiale sans Facebook auraient, par la même occasion, trouvé une façon de témoigner de leur mécontentement à la direction de ce méga réseau social. Entre l'exploitation commerciale des pages, la facilité de piratage des comptes et le pillage d'information, un peu d'éthique et de sécurité sont ainsi réclamés.

Si ces revendications ne sont pas sans fondement, une journée déconnectée du monde virtuel serait, pour beaucoup, l'occasion de réfléchir à la place qu'occupe le virtuel dans son quotidien et dans sa relation aux autres. Si ce réseau social a permis, dans un premier temps, de rester en contact avec des amis, malgré l'éloignement géographique, des emplois du temps différents ou des choix de vie qui nous éloignent, les réseaux sociaux sont devenus, au fil des années, une nouvelle façon de trouver un peu de nourriture narcissique à des êtres en manque de reconnaissance. Combien de « followers » ? Combien de fans ? Combien d'amis ? La popularité est devenue mesurable et accessible à tous. Impossible aujourd'hui, pour une personnalité publique, de ne pas exister sur la toile.
Pour attirer le regard de l'autre, beaucoup n'hésitent plus à mentir. Faire le buzz pour être regardé est devenu, pour certains, un but en soi. On se livre, on se déshabille, on « partage ». Mais ces partages sont ouverts le plus souvent à des personnes, dont nous ne sommes pas si proches que cela. Des « amis » avec qui nous n'avons jamais partagé d'intimité, faute de véritable relation. Des partages qui, privé de confidentiel, ne sont plus que des exhibitions de lieux communs dont l'étalage ne provoquera ni malaise, ni mise à nue à son auteur. Alors, dans ce monde nettoyé de tout secret, on n'expose que ce qui pourrait nous faire briller, nous dévoilons seulement ce qui pourrait être une meilleure version de nous-mêmes. Le vrai bonheur devient celui que l'on lit dans les « like » des autres.
Conséquence ? La vie des autres paraît tellement mieux que la sienne. Plage ensoleillée, cliché photographique pointant un moment de bonheur fugace qui, grâce à la mise en ligne, paraît pour les autres comme un état de grâce au continu.
C'est cela que le réalisateur Shaun Higton a voulu montrer dans un petit court métrage intitulé « What's on your mind ? ». À l'instar de la petite phrase d'accueil du fameux réseau social qui, par ces mots, nous incite à partager notre état d'être. Cynique et pourtant si réaliste, le réalisateur anglophone Shaun Higton, plus connu pour ses publicités, nous livre une tranche de vie d'une personne lambda, partagée entre son envie d'approbation des autres et la réalité de sa vie. Pour le coup, voici un petit court métrage à regarder.... et à partager !

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