Avoir des enfants rend heureux ! Oui, mais seulement deux !

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Anne Marie

Avoir des enfants rend heureux ! Oui, mais seulement deux ! - Actualités - Etats d'esprit

« Famille nombreuse, famille heureuse !» Si cet adage populaire a un sens, il n'est pas à rapprocher du bonheur ressenti par les parents à la naissance des enfants! Selon une étude menée par la London School of Economy, seule la naissance des deux premiers enfants augmenterait le niveau de bonheur des parents. À partir de la troisième naissance, les parents n'expérimenteraient plus la même sensation de bonheur.
Si seulement les deux premières naissances amènent les parents au Nirvana, l'étude révèle aussi des disparités dans le bonheur ressenti et sa durée selon l'âge auquel les individus deviennent parents. C'est en tout cas ce que nous révèle Mikko Myrskylä, professeur de démographie à la LSE et directeur de l'institut de recherche démographique Max Planck à Rostock, Allemagne, dans son enquête sur le bonheur et les naissances. Étude menée auprès d'un panel de parents anglais et allemands pendant dix-huit ans après la première naissance.

Deux enfants, pas un de plus, pour un maximum de bonheur !

Si avoir un enfant arrive en tête dans les sondages concernant ce qui contribuerait au bonheur des personnes, l'enquête de la London School of Economy nous apporte quelques éclairages sur le bonheur d'être parent. Suite à son étude, le professeur Myrskyla a pu conclure que si le premier et le deuxième enfant augmentent de manière significative le niveau de bonheur des individus, cette augmentation du sentiment de bonheur n'aurait d'effet que pendant la première année qui précède la naissance (période de grossesse) et l'année qui suit cette naissance. Ensuite, les parents retrouveraient leur niveau de bonheur initial, voire un niveau inférieur.
L'étude montre malgré tout des disparités selon les sexes. Si les femmes sont celles qui expérimentent un plus grand bonheur pendant l'année qui précède la naissance, les hommes, eux, verraient leur bonheur concentré pendant l'année qui suit la naissance. Lors de la première année de l'enfant, les femmes connaîtraient de plus grandes variations dans leur état de bonheur. Cette baisse serait à mettre en relation avec les niveaux de bonheur atteints pendant la grossesse, ainsi que la fatigue de l'accouchement et de la prise en charge d'un nouveau-né. Si la première naissance est celle qui apporte le plus de bonheur aux parents, ce bonheur ressenti englobe aussi la grâce ressentie du couple amoureux qui se forme, ainsi que la joie de faire des projets d'avenir commun.
Cependant, si une deuxième naissance apporte autant de bonheur aux parents, il n'en va plus de même pour les suivantes. D'après cette étude, les parents ne connaîtraient plus de hausse significative du sentiment de bonheur à partir du troisième enfant. Disparition de l'effet de nouveauté, pression matérielle plus forte sur les parents, toujours est-il que les parents n'expérimentent plus le même bonheur que pour les naissances précédentes.
Bien sûr, cela ne signifie pas que l'enfant sera moins aimé. D'autant plus que du côté des enfants, des études ont montré que les derniers nés de grandes fratries sont mieux préparés à la vie sociale. Et surtout, qu'à partir du troisième, les enfants sont moins investis narcissiquement par les parents, donc, bénéficient d'attentes parentales et narcissiques moins pressantes. Le psychiatre et ethnologue Boris Cyrulnik parle même de ces enfants comme ceux les plus à même à faire ce qui leur plaît, contrairement à leurs aînés, qui doivent le plus souvent répondre aux exigences parentales avant de faire ce qui leur correspond.

Un bonheur différent selon l'âge

Si l'âge moyen de la première grossesse correspond parfaitement aux conclusions de l'enquête menée auprès des parents, les résultats pour les autres tranches d'âge connaissent quelques variations. En effet, pour les 23 – 34 ans, le sentiment de bonheur augmenterait avant la naissance du premier enfant, se poursuivrait ensuite pendant une ou deux années après la naissance, pour ensuite retrouver son état initial, voire un niveau inférieur.
Pour les adolescentes mères, l'étude révèle que ce sont celles qui expérimentent une baisse de leur sentiment de bonheur, même après la naissance de l'enfant.
Les grands gagnants de cette étude seraient les individus devenus parents après 35 ans. Une grossesse tardive combinée avec une bonne éducation serait la recette gagnante dans la poursuite du bonheur. Non seulement pour ce qui est du niveau de félicité atteint mais aussi en ce qui concerne la durée de cet état. C'est en effet cette tranche d'âge qui connaîtrait un bonheur qui perdurait dans le temps. Peut-être est-ce une des raisons pour laquelle les grossesses tardives sont de plus en plus fréquentes dans les sociétés occidentales. Mieux installés, plus réalisés dans leur vie professionnelle et intime, ces individus seraient plus à même d'apprécier leur bonheur sans être tiraillés par le besoin de se réaliser.

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